
Les trains sont sales. Les CFF refusent de commenter.
Beaucoup de trains sont à peine nettoyés durant la journée, comme le montre une enquête que nous avons menée sur plusieurs grandes lignes. Malgré tout, les CFF ont procédé à des réductions d’effectifs.
Les gares des villes sont devenues de véritables centres commerciaux avec des supermarchés, des pharmacies, des boutiques, des restaurants et une pléthore de caissettes de journaux gratuits. Si cette stratégie permet aux CFF d’encaisser de très juteux loyers, elle n’est pas sans conséquences dans les trains, comme le montre notre récente enquête: les poubelles débordent, les tablettes, les sièges, les sols sont sales et l’ex régie fédérale n’est pas à la hauteur (lire encadré).
Quelques exemples, parmi nos observations :
A Brigue (VS)
> Dans l’IR provenant de Genève aéroport, deux employés vident les corbeilles et approvisionnent les WC en papier de toilette, mais ils le font dans une seule voiture, alors que le train reste 22 minutes à l’arrêt. Et cette dernière n’est même pas propre après leur passage.
> Un employé vérifie les portes du train régional arrivant de St-Gingolph (VS). Il ne vide pas les corbeilles et ne s’occupe pas de la saleté
Dans cette gare, il était frappant de constater qu’aucun employé n’avait de matériel de nettoyage.
A Genève (GE)
> A la gare principale, un employé monte dans le train de St-Gall. Il déchire des avis de réservation et jette un œil dans les WC. Et c’est tout !
> A l’aéroport, deux nettoyeurs pénètrent dans le convoi parti de Brigue. Le premier ramasse les journaux, le second vide les corbeilles, mais ils ne s’occupent que de deux wagons sur neuf !
A Saint Gall (SG)
> Un employé a passé l’aspirateur sur les quatre dernières marches d’une voiture à deux étages venant de Genève-Aéroport. Quatre marches, pas une de plus!
> Dans l’IR venant de Bâle, un employé fait un petit tour, puis se repose dans un compartiment. Pourtant, certaines poubelles sont remplies, et elles ne seront pas vidées.
Conclusion: en journée, certains trains sont à peine nettoyés. Cette situation est due d’une part aux employés et d’autres part aux CFF. Le personnel a souvent trop eu de temps et est encore mal équipé. De plus, malgré les problèmes, l’ex régie fédérale a réduit les effectifs des équipes de nettoyage, avec une diminution de 76 postes sur un total de 1066 emplois à plein temps. Et cela alors même que le rapport annuel 2016 de l’entreprise indiquait: «Les réactions des clients montrent que les CFF doivent encore s’améliorer en termes de propreté».
L’entreprise n’a pas souhaité commenter nos constats.
Marco Diener/Tatjana Jaun/seb


