
9 assurances couverture des soins à l’étranger : s’assurer correctement lors d’un voyage à l’étranger
En cas de gros pépin de santé pendant les vacances, les assurances obligatoires ne suffisent pas toujours à couvrir les dépenses. Un patient rapatrié en Suisse ou soigné sur place s’expose, dans certains cas, à une facture douloureuse.
Un pied posé de travers sur un sentier de montagne escarpé pendant un trek au Nepal? Un gros rhume qui se transforme en pneumonie lors d’une escapade au Canada? Direction l’hôpital le plus proche, voire l’aéroport pour un retour au pays en avion-ambulance. Mais qui va payer la note? La réponse dépend d’un grand nombre de paramètres, à commencer par la qualification du problème.
Accident ou maladie?
La question est fondamentale, car la loi sur l’assurance accidents (LAA) se montre nettement plus généreuse que l’assurance maladie (LAMal). Or, il n’est pas toujours facile de faire la différence…
- Selon la loi, l’accident correspond à une atteinte soudaine, involontaire et extraordinaire portée au corps humain. Ainsi, des gelures ou de graves brûlures consécutives à un coup de soleil, voire un accident de décompression en plongée ne sont pas considérés comme des accidents.
- A l’inverse, une maladie consécutive à une piqure d’insecte – tique par exemple – le sera, même si elle se déclenche bien plus tard.
Frais de sauvetage, de transport et de rapatriement
- En cas de maladie
L’assurance de base ne paie ni les frais de sauvetage à l’étranger ni ceux de rapatriement. Quant aux frais de transport, vers un hôpital local, par exemple, ils ne sont couverts qu’à 50% et jusqu’à hauteur de 500 fr. Autant dire presque rien. - En cas d’accident
Si l’assuré est au bénéfice de l’assurance accidents standard de son employeur selon la LAA, les frais sont pris en charge en totalité dès lors qu’ils sont nécessaires. Mais attention: à l’étranger, ils sont limités à 25 200 fr. au total (29 640 fr. dès 2016), ce qui peut s’avérer nettement insuffisant, notamment si l’accidenté doit être rapatrié en Suisse dans un avion médical spécialement affrété pour lui.
Frais médicaux sur place
En cas d’hospitalisation sur place, la couverture octroyée est la même s’il s’agit d’un accident ou d’une maladie. En revanche, le pays dans lequel se produit le problème change la donne.
- Dans l’Union européenne
Dans les cas d’urgence, les frais médicaux sont couverts aux conditions de l’assurance sociale qui prévaut dans le pays visité. La présentation de la carte européenne d’assurance maladie, qui se trouve au verso de la carte suisse, permet souvent d’éviter de devoir avancer l’argent. Cependant, certaines cliniques privées ne l’acceptent pas et, dans ce cas, le remboursement est soumis aux mêmes conditions que dans un pays extra-européen. - Dans le reste du monde
Les frais de santé sont pris en charge jusqu’à concurrence du double du prix qui aurait été payé si le traitement avait eu lieu en Suisse.
Et c’est là que les problèmes commencent, car les sommes facturées à l’étranger peuvent être très nettement supérieures au montant forfaitaire reconnu dans nos frontières. Pourquoi? «Les tarifs appliqués aux touristes de passage sont plus élevés que pour les indigènes, notamment parce qu’ils ne participent pas aux dépenses d’infrastructure (impôts, taxes...), explique Jean-Luc Alt, porte-parole de la Suva. De plus, les patients sont souvent soignés dans des cliniques privées dont les tarifs sont plus élevés que chez nous.»
Comme le forfait hospitalier maximal remboursé en Suisse est de 2548 fr. par jour pour un traitement stationnaire, l’assurance maladie de base remboursera au plus 5096 fr. par journée d’hospitalisation. Soit, d’après les exemples fournis par plusieurs caisses maladie, nettement moins que ce que facturent certains hôpitaux à l’étranger, notamment aux Etats-Unis. De plus, des examens fort coûteux peuvent avoir été jugés nécessaires sur place, sans pour autant être intégrés, en Suisse, aux modèles forfaitaires établis pour une affection donnée. Il est donc vraisemblable que l’assurance de base ne les prendra pas en charge.
Compléter son assurance
Pour éviter pareille situation, il est donc nécessaire d’ajouter une couverture supplémentaire pour l’étranger.
- Ponctuelle ou annuelle?
Dès deux voyages par an, nos précédentes enquêtes ont montré qu’il est plus avantageux d’opter pour une couverture annuelle plutôt que ponctuelle. C’est le cas tant pour l’annulation de voyage (lire «Voyage annulé: qui rembourse vraiment?», TCF 6/2015) que pour l’assistance et les soins médicaux sur place. - Couverture prioritaire?
Couvrir la totalité des frais médicaux à l’étranger est essentiel, car il est vraisemblable, en cas de pépin, qu’une partie des soins au moins soit prodiguée sur place. Par ailleurs, un rapatriement n’est pas toujours possible, notamment si l’état de santé ne le permet pas ou parce que la qualité des soins sur place est jugée suffisante. Dans ce dernier cas, inutile d’espérer être rapatrié en Suisse grâce à son assurance accidents pour éviter un traitement trop coûteux aux Etats-Unis! Celui-ci n’est organisé qu’en situation de stricte nécessité médicale. Conclure une assurance qui donne le droit au retour dans tous les cas – et non uniquement s’il y a nécessité médicale – peut être une alternative, mais l’offre est rare: le livret ETI du TCS, par exemple, ne le garantit pas pour des raisons uniquement financières.
Enfin, la majorité des assurances qui couvrent les frais médicaux à l’étranger font de même pour un éventuel rapatriement en Suisse lorsque les médecins de l’assurance estiment que la couverture médicale sur place est insuffisante (ou trop chère). On fait, ainsi, d’une pierre deux coups.
- Quel prix?
Les assurances voyages des caisses maladie qui couvrent les frais médicaux dans le monde entier, à la fois en cas d’accident ou de maladie, coûtent entre 60 fr. et 564 fr. par mois (voir tableau). Avant d’en conclure une, il faut vérifier si la couverture des frais est bien illimitée, et non plafonnée à une certaine somme ou/et à un certain nombre de jours ou/et à quelques prestations seulement. Mais aussi qu’une assurance maladie complémentaire ne couvre pas déjà d’office les soins médicaux à l’étranger (c’est le cas de plusieurs d’entre elles).
Il est enfin possible d’opter pour une assurance voyages qui inclut les frais médicaux à l’étranger, ou de rajouter cette option à un «pack voyage» qui en est dépourvu.
Les membres du TCS qui possèdent un livret ETI sont couverts pour les frais d’assistance sur place (sauvetage, transport, rapatriement), mais pas pour les frais médicaux. Ils peuvent toutefois ajouter cette couverture contre 50 fr. de plus par an.
Les titulaires d’une carte de crédit UBS peuvent, eux, obtenir une couverture des soins à l’étranger (Protection voyages Plus) contre 72 fr. par an, mais les remboursements sont limités à 250 000 fr.
Quant au leader de la branche, Allianz Global Assistance (ex-Elvia), il n’y a que la plus chère de ses trois options d’assurance voyages, Secure Trip PLUS, qui inclut la couverture des frais médicaux à l’étranger.
Vincent Cherpillod
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Le cas particulier de la Rega
En cas de rapatriement, les donateurs de la Rega sont déchargés de la part des frais qui n’est pas prise en charge par les assurances du patient.
A première vue, il est donc tentant de renoncer à toute assurance complémentaire, puisque la cotisation ne coûte que 30 fr. par an. Mais ce n’est pas si simple: la Rega n’est pas une assurance, mais une fondation privée remplissant une mission de service public. Elle fournit ses services sans obligation légale. Autrement dit, il n’est pas possible de se retourner contre elle si, pour des raisons logistiques notamment, elle ne peut procéder au rapatriement.
En outre, elle ne peut exonérer ses donateurs que des coûts des prestations qu’elle a elle-même fournies. Or, de nombreux assureurs accidents travaillent avec d’autres sociétés pour les prestations de rapatriement. Enfin, l’organisation d’un retour depuis l’étranger ne peut se faire que si la personne est déjà hospitalisée. Les frais médicaux engagés jusque-là, eux, ne sont pas couverts.
Fait partie du dossier
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