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Fin du roaming en Europe, pas en Suisse

Ultime baisse des prix en 2016, abolition définitive en 2017: les frais facturés pour les appels téléphoniques, l’envoi des SMS et le surf à l’étranger ne seront bientôt plus qu’un mauvais souvenir pour les usagers européens. Rappel toutefois: la Suisse ne fait pas partie de l’UE, ni de l’EEE…

Cette fois, c’est fait, c’est décidé, c’est voté: après de nombreuses tergiversations, le Parlement européen a signé, hier, mercredi 27 octobre, l’arrêt de mort du roaming pour le 15 juin 2017. A partir de cette date, les abonnés mobiles ne seront plus soumis au paiement d’un supplément lorsqu’ils téléphonent, envoient des SMS ou surfent depuis un autre pays de l’Union européenne (UE) ou de l’Espace économique européen (EEE).

D’ici là, les tarifs devront passer par une ultime (et drastique) étape dans le processus de baisse, entamé en 2007 déjà: dès le 30 avril 2016, le plafond pour les appels passera de 19 à 5 centimes d'€ la minute, le SMS envoyé de 5 à 2 ct. (€), et le Mo consommé de 20 à 5 ct. (€). De quoi faire rêver les usagers suisses, qui paient de 3 à 15 fois plus et qui attendent toujours un premier geste des autorités pour limiter ce scandale (lire encadré à droite).

Tout n’est pas aussi rose cependant. Le Bureau européen de défense des consommateurs (BEUC), notamment, dénonce d’importants vides juridiques qui font la part belle aux opérateurs. Dans le règlement adopté hier, on découvre, en effet, que ces derniers pourront «prévenir l’utilisation abusive ou anormale» d’un forfait, ce qui est déjà le cas chez Free qui a d’ores et déjà supprimé le roaming, mais pour 35 jours par an seulement. La raison – compréhensible en soi – étant d’empêcher qu’un usager français achète un forfait mobile étranger, vendu à un prix sans concurrence en Roumanie par exemple, et l’utilise ensuite en France.

Par ailleurs, le même règlement prévoit que dans des «circonstances exceptionnelles» – par exemple lorsque l’opérateur n’arrive pas équilibrer ses comptes entre ce qu’il paie à ses collègues étrangers et ce qu’il facture à ses clients – il sera possible de demander une autorisation particulière pour quand même exiger des frais de roaming.

Enfin, le BEUC est sceptique, car le projet dépend d’une réforme du marché du gros et a donc, selon lui, «peu de chances d’être finalisé à temps». Les lobbyistes ont encore des beaux jours devant eux…

Christian Chevrolet