
SuissePhone sème la confusion
Une lectrice s’est laissé berner par SuissePhone en croyant à une offre de Swisscom. D’où l’intérêt de se prémunir contre le démarchage téléphonique.
Un brin de friture sur la ligne, une articulation approximative et l’effet sonore est garanti: la prononciation du mot SuissePhone ressemble à s’y méprendre à celle de Swisscom. Comme beaucoup, Maria Azevedo, à Boudry (NE), a fait les frais des techniques de vente des plus cavalières de SuissePhone.
Enregistrement révélateur
En date du 14 mars, elle reçoit un appel de la société en question qui joue habilement sur la confusion avec Swisscom, tout en l’appâtant avec un cadeau: une heure de communication gratuite vers l’étranger pendant douze mois. De langue maternelle portugaise, la septuagénaire pense alors avoir réellement affaire au géant bleu de la télécommunication.
L’enregistrement de la conversation téléphonique, que nous avons pu nous procurer, est révélateur des méthodes peu reluisantes de SuissePhone. A un certain moment, le démarcheur glisse: «Nous attirons votre attention sur le fait que nous ne sommes pas Swisscom.» A cet instant précis, notre lectrice interloquée demande: «Vous n’êtes pas Swisscom?» Aucune réponse. Et l’interlocuteur de poursuivre comme si de rien n’était, tel un robot imperturbable: «Indiquez votre prénom et votre nom après le signal sonore.»
Ce n’est qu’à la réception écrite de la confirmation du contrat, le 22 mars, que Maria Azevedo découvre la supercherie. Scandalisé par la tournure des événements, son fils, José Veloso, adresse un courrier de résiliation immédiate à SuissePhone. L’opérateur riposte avec une lettre qui confirme que la résiliation ne sera effective qu’au 26 mars 2013, considérant que le délai de dédit de sept jours est dépassé. Sans oublier de préciser: «Si vous changez votre opérateur prématurément, vous devez payer des frais de résiliation de 289 fr.»
Mieux vaut prévenir que…
José Veloso n’a pas lâché le morceau pour autant. «C’est le principe que j’ai trouvé inadmissible. Ma mère a été induite en erreur en pensant bénéficier d’une offre de Swisscom. J’ai donc tout fait pour qu’elle ne soit pas forcée d’honorer un contrat de douze mois dont elle ne voulait pas.» Et son entêtement a fini par payer. Dans un courrier daté du 11 juin, SuissePhone écrivait: «Votre contrat est terminé, parce que nous voulons seulement des clients satisfaits.»
A en croire les nombreux témoignages recueillis par notre Service juridique, Maria Azevedo n’est ni la première ni la dernière à devoir en découdre avec SuissePhone (lire sur le même sujet BàS 1/2012). Et, comme un «oui» par téléphone suffit légalement à valider un contrat, autant se prémunir contre le démarchage intempestif en utilisant tous les outils disponibles (lire encadré).
Yves-Noël Grin
Bonus web: plainte contre le démarchage abusif


