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A la chasse au vélo volé

Les bicyclettes équipées d’émetteurs GPS sont encore rares, de même que les dispositifs amovibles à poser soi-même. Mais d’autres solutions sont en train de voir le jour pour retrouver un vélo disparu.

En Suisse, un vélo disparaît dans la nature toutes les 12 minutes et 50 secondes. Avec 40 881 vols en 2014, la tendance est à la hausse (+9%) et les chances de récupérer son bien infimes: à Genève, seulement 1,3% des vols sont élucidés. Le canton de Vaud fait à peine mieux (3,1%). Mais la technologie pourrait bien venir en aide aux victimes de ces larcins: l’an dernier, le propriétaire d’un vélo électrique équipé d’un GPS a ainsi pu suivre à la trace les déplacements de son vélo volé. A l’aide de la police, il l’a retrouvé dans un conteneur de la périphérie genevoise, en compagnie d’une cinquantaine d’autres cycles.

Camouflé dans le phare arrière

Inutile d’espérer, pour l’instant du moins, courir dans le premier magasin venu pour s’équiper d’un émetteur à dissimuler sur sa monture ou encore d’acheter un vélo déjà équipé: «Plusieurs clients me posent la question, mais ce n’est pas encore d’actualité. Nous ne vendons aucun vélo de ce genre et personne ne m’a jamais présenté un système convaincant», indique Daniel Girard, propriétaire d’un commerce spécialisé à Genève. Pas trace non plus de tels dispositifs dans les grandes surfaces que nous avons interrogées. Le fabricant Stromer est l’un des seuls à proposer un modèle de vélo électrique haut de gamme avec console GPS intégrée dans le cadre.

En cherchant un peu sur internet, on trouve bien quelques systèmes d’émetteurs à camoufler dans le phare arrière, la potence, la selle ou le porte-bidon d’une bicyclette*. Hors coût des communications, ces dispositifs coûtent dans les 130 fr. Principaux inconvénients: il faut équiper l’émetteur d’une carte SIM pour qu’il transmette les données et recharger souvent le dispositif en le démontant à chaque fois. Autre souci inhérent au système GPS: la perte du signal lorsque le vélo n’est plus à ciel ouvert.

Une puce dans les vélos yverdonnois

La solution qui permettra de rendre plus facilement un vélo volé à son propriétaire viendra peut-être du canton de Vaud: en collaboration avec la ville d’Yverdon, l’Association Styyle et l’entreprise AgoraBee, la police du Nord vaudois lance à la fin du mois de mai «trakyv», un système antivol à distance. Principe: une puce, ajoutée discrètement au cadre de la bicyclette, émet des ondes hertziennes en continu pendant une dizaine d’années, sur une portée de 30 m environ. Le signal peut être capté par des appareils de détection spécifiques, y compris s’il est émis depuis l’intérieur d’un bâtiment. Lorsque le propriétaire d’un vélo équipé signale sa disparition à la police, elle configure le système pour qu’il réagisse au signal émis par la puce. A terme, une application qui permettra de signaler directement le vol du vélo et d’activer la recherche du signal sera mise à disposition.

Pour le moment, la police du Nord vaudois n’a équipé qu’une de ses voitures d’un appareil de lecture, mais bénéficie d’autres solutions: «Tout un réseau de détection existe déjà, car n’importe quel lecteur de ce genre peut capter le signal et transmettre l’information à la police, explique le premier lieutenant Serge Freymond. Plusieurs entreprises en sont déjà équipées, pour le suivi de leurs véhicules de chantier notamment. On peut également imaginer en installer à des emplacements fixes. Et, à terme, d’autres corps de police en Suisse devraient aussi s’en s’équiper.»

Installation comprise, le système coûtera une soixantaine de francs et pourra être acheté auprès de plusieurs revendeurs de vélos et d’associations pour la promotion des deux-roues. D’autres villes suisses, notamment Genève, Lausanne et Zurich, suivent de près l’évolution du projet.

*Voir par exemple sur integratedtrackers.com ou bikespike.com

Vincent Cherpillod