Restez un consommateur averti et profitez de nos avantages abonnés
Pourquoi pas
Non merci
Panier
x
Le panier est vide

Un mètre ne vaut pas toujours un mètre

Les surfaces des logements mis en vente peuvent être calculées très diversement. L’USPI tente d’harmoniser les pratiques.

Si vous songez à acheter un bien immobilier, sachez que, en terme de surfaces, une annonce proposant un «appartement de 100 m2» peut signifier des réalités bien différentes. Les murs extérieurs, par exemple, ont-ils été inclus dans le calcul? «Cela est susceptible de changer sensiblement la donne», souligne Simon Wharry, rédacteur en chef de Propriété, la revue de la Fédération immobilière romande (FRI). Supposons que ce soit le cas et qu’il s’agisse d’une construction des années 1980 avec des murs de 20 cm, la surface intérieure nette totalisera en réalité 92 m2. Et, avec une construction récente dont les murs font 40 cm, elle ne sera que de 84 m2.

«En fait, il n’existe pas de disposition légale contraignante uniformisant le calcul des surfaces immobilières en Suisse», explique André Glassey, vice-président de la section Valais de l’Union suisse des professionnels de l’immobilier (USPI). Il y a bien la norme SIA 416, codifiée par les architectes, mais elle est très complexe pour le grand public et les vendeurs n’ont aucune obligation de s’y conformer. Du coup, entre les réglementations cantonales et les pratiques des professionnels, l’acheteur lambda a de quoi être déboussolé. Non seulement, il risque d’être confronté à une multitude de termes opaques – surfaces utile principale, de plancher, PPE, etc. – mais leur calcul peut aussi diverger d’un vendeur à l’autre. De surcroît, certains termes courants, comme l’attique, le balcon ou les combles, ne sont pas toujours utilisés de manière identique!

Recommandations USPI

Face à la situation, il appartient aux acheteurs de prendre leurs responsabilités, relèvent les professionnels. «Le conseil numéro un pour celui qui ne comprend pas les calculs est de demander des éclaircissements au vendeur, qui doit être en mesure d’expliquer clairement la façon dont il a déterminé la surface», souligne Frédéric Dovat, secrétaire général de l’USPI. Il n’empêche, l’hétérogénéité des calculs rend les comparaisons entre plusieurs biens extrêmement compliquées.

Consciente du problème, l’USPI a planché sur le dossier pendant deux ans et publié des «Recommandations concernant un mode standard de calcul des surfaces» (lire encadré). Cette méthode harmonise les mesures et les définitions. Elle réussit aussi à les rendre simples à comprendre, même pour un profane. Son adoption «devrait permettre d’accroître la transparence et conduire à une concurrence plus saine», estime l’USPI. «Pourtant, ce document n’est pas totalement abouti, reconnaît André Glassey. L’idéal serait de pouvoir édicter des directives contraignantes, mais nous ne sommes qu’une association et ne pouvons que formuler des recommandations.»

Les membres de l’USPI, laquelle ne couvre d’ailleurs que la Suisse romande, ont ainsi toute liberté de les appliquer ou non. «Je pense qu’il faudra du temps pour que tout le monde s’aligne, ne serait-ce que parce qu’il n’est pas toujours facile de changer ses habitudes», estime Victorine van Zanten, experte en estimations immobilières, du cabinet fribourgeois ACE Expertises van Zanten. Au-delà des chiffres, Victorine van Zanten et André Glassey notent que l’acheteur doit, en premier lieu, se demander si l’objet visité correspond bien à ce qu’il recherche.

Il pourra ensuite, si nécessaire, demander des explications sur les calculs.

Sébastien Sautebin

Bonus web: les recommandations USPI de calcul des surfaces