
Rente de veuve en sursis
fin de la rente AVS pour les veuves dont les enfants sont adultes au décès du conjoint: le projet «Prévoyance vieillesse 2020» touche un point sensible.
Introduite en 1946, la rente de veuve est dans la ligne de mire de la réforme du système suisse de prévoyance 2020. Equivalant aujourd’hui à 80% de la rente de vieillesse du défunt, elle est versée aux épouses ayant eu un enfant au moins ainsi qu’à celles qui ont été mariées cinq ans et plus. Les femmes de plus de 45 ans au décès du conjoint la touchent également.
En 1997, on a introduit la rente de veuf, versée seulement aux pères ayant un enfant mineur à charge au décès, et cela jusqu’à sa majorité.
Orphelins mieux lotis
Or, si le projet «Prévoyance Vieillesse 2020» l’emporte, l’égalité se fera au détriment des assurées*. La rente de veuve serait, en effet, désormais réservée aux épouses qui ont un enfant à charge (mineur ou en formation) au décès de leur conjoint. Quant aux parents divorcés, leur droit à la rente serait soumis à condition.
L’indemnité, versée à vie, passerait en outre à 60% de la rente de vieillesse de ce dernier. En contrepartie, les rentes d’orphelin augmenteraient de 40% à 50% (lire encadré).
Le changement se fera dans les dix ans suivant l’entrée en vigueur du projet, avec une réduction par étapes. Les veuves qui reçoivent déjà une rente de survivants aujourd’hui ne sont toutefois pas concernées. Et les femmes de 50 ans et plus, sans enfant, bénéficieraient d’une disposition transitoire.
Dans son message, le Conseil fédéral relève que la situation ne changera pas pour les familles comptant plusieurs enfants. Et, quand ceux-ci auront achevé leur formation, le parent survivant pourra reprendre ou augmenter son activité lucrative.
Vif débat en vue
A voir les avis exprimés lors de la consultation, le projet va faire l’objet d’un vif débat au Parlement. Sur la petite centaine de prises de position recueillies, les trois quarts sont, certes, favorables à un réajustement, et la plupart approuvent la suppression de la rente de veuve pour les femmes sans enfant ainsi que l’abaissement de la rente de veuve conjugué avec le relèvement des rentes d’orphelin. Mais plusieurs voix souhaiteraient faire la différence entre les veuves n’ayant pas eu d’enfants et celles dont la progéniture est adulte au décès. Car ces dernières ont souvent mis leur carrière entre parenthèses pour élever leur famille: leurs chances de réintégrer pleinement le circuit professionnel sont donc minimes.
*Lire également «Nos rentes sont-elles de nouveau menacées?», TCF 12/2014.
Claire Houriet Rime
Bonus web: le détail des modifications prévues


