
L’option qui coûte bonbon
De série ou en option, les systèmes de navigation intégrés sont vendus au prix fort par les constructeurs automobiles. et ils réservent parfois de mauvaises surprises.
Il aura fallu sept mois d’échanges téléphoniques, d’e-mails, et de rencontres pour que Claude* sache enfin pourquoi il n’existe plus, depuis 2012, de mise à jour cartographique pour le GPS intégré de sa Mercedes SL 350 Swiss Edition. «Le constructeur m’a envoyé un courriel stipulant que cette situation était définitive et qu’elle s’expliquait par un changement de fournisseur des cartes.»
La SL 350 a été fabriquée jusqu’en 2008. Ceux qui l’ont achetée, cette année-là, n’ont donc pu bénéficier d’updates – payantes – que pendant quatre ans. Une situation pour le moins irritante, quand on sait que ce cabriolet haut de gamme est vendu, neuf, plus de 130 000 fr. et que le système intégré vaut dans les 4500 fr.!
Or, dans son courriel d’août, la marque affirmait à notre lecteur ne rien pouvoir faire. Après intervention de Tout Compte Fait, elle a toutefois promis que ses techniciens prendraient contact avec lui pour trouver une solution.
Intégré au prix fort
Au-delà de ce cas particulier, la politique des constructeurs automobiles en matière de navigation embarquée a de quoi surprendre, notamment en matière de tarification. A la fin de 2009 déjà, évoquant le coût de 3000 € pour le système équipant une Audi, l’émission Turbo, sur M6, parlait d’«un prix stupéfiant», comparé aux appareils amovibles qu’«on peut trouver à moins de 100 € dans la grande distribution». Les journalistes estimaient alors que les tarifs d’Audi sont 20 fois plus élevés que la moyenne des GPS nomades.
S’il convient de nuancer ces propos en fonction des marques et des modèles, le constat global n’est pas démenti cinq ans plus tard. Chez Audi, le module de navigation coûte actuellement 1610 fr. et le MMI Navigation plus pas moins de 3780 fr. Autre exemple chez Skoda, où la valeur de l’équipement varie de 880 fr. à 2610 fr., ou même à 4040 fr. avec un TV Tuner. Et du côté de Volkswagen, encore, les prix vont de 500 fr. pour la VW up! à pas moins de 4770 fr. pour la Phaeton.
Mais ce n’est pas tout. Il faut ajouter à cela les montants élevés demandés pour les mises à jour, alors qu’elles sont souvent gratuites avec les GPS nomades (lire encadré). Comptez de 150 fr. à 300 fr. à chaque fois. La tendance semble toutefois aller vers la gratuité, du moins temporaire. Pour certains de leurs nouveaux modèles, VW, Skoda ou encore Mercedes offrent ainsi trois ans d’updates.
Avantage aux GPS nomades?
Des prix beaucoup plus bas, des mises à jour souvent gratuites ou encore la possibilité d’utiliser le même appareil dans plusieurs véhicules: voilà autant d’arguments en faveur de l’achat d’un GPS nomade, plutôt que d’un système intégré en option.
Artur Demirci, porte-parole de Mercedes Benz Suisse, souligne néanmoins les limites de la comparaison: «Les systèmes intégrés n’ont pas uniquement une fonction de navigation. Ils comprennent aussi la radio, le téléphone et le multimédia. Il est donc compréhensible qu’ils coûtent plus qu’un GPS nomade.» C’est vrai, mais cela justifie-t-il l’écart abyssal de prix?
Les constructeurs mettent en avant d’autres avantages, notamment en matière de sécurité. Laurent Burgat, directeur de la communication de Renault Suisse, explique que «le champ de vision au travers du pare-brise n’est pas entravé. De plus, en cas de choc, aucun objet amovible n’est susceptible de venir heurter un occupant.» L’industrie automobile affirme aussi que l’intégration dissuade des vols simples, alors qu’il est facile de briser une vitre pour s’emparer d’un GPS nomade laissé sur le pare-brise.
En outre, l’emplacement de l’écran et des commandes offriraient «un confort incomparable». Une étude menée à la fin de 2012 par le cabinet J.D Power and Associates sur le sujet révèle pourtant que les conducteurs américains n’étaient pas totalement satisfaits. Ils étaient notamment frustrés par la complexité des menus, les commandes vocales peu efficaces ainsi que la saisie des destinations. Les constructeurs ont donc encore des efforts à faire s’ils ne veulent pas tuer la poule aux œufs d’or.
*Prénom d’emprunt.
Sébastien Sautebin
Bonus web: comment bien positionner un GPS nomade


