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Ma retraite, mon affaire

Les indépendants ne sont pas tenus de cotiser au 2e ou au 3e piliers, mais c’est plus prudent pour compléter l’AVS.

Quand on fonde une entreprise, l’angoisse de boucler le mois dans les chiffres noirs l’emporte sur la prévoyance à long terme. Une fois rangées les flûtes de champagne de l’inauguration, il faut pourtant parer aux coups durs et penser à ses vieux jours.

Les indépendants ont ici carte blanche, la loi les obligeant seulement à cotiser au 1er pilier. Deux solutions se présentent pour en compléter les modestes prestations:

  • s’affilier à une caisse de pension (2e pilier);
  • se constituer un 3e pilier (retenons ici le compte bancaire de prévoyance liée 3a, l’assurance vie étant trop rigide).

Chaque formule a sa logique qui dictera la stratégie à adopter.

Cotisations et primes

En s’affiliant à une caisse de pension, le jeune patron paie chaque année des cotisations proportionnelles à son revenu. Elles croissent avec l’âge et sont entièrement déductibles du revenu imposable. Attention: il devra aussi prendre en charge la «part patronale». Son plan de prévoyance comprend également la couverture risque et décès pour le protéger, ainsi que ses proches, en cas d’invalidité ou de décès. Si le revenu réel varie trop fortement (plusieurs milliers de francs) de celui escompté, il y aura correction à la fin de l’année.

Avec un 3e pilier bancaire, en revanche, l’indépendant décide librement du montant des cotisations, jusqu’à concurrence de 20% de son revenu ou de 33 696 fr. par an, (état: 2014). Mais ce simple compte en banque n’offre aucune protection en cas de coup dur, et il est donc impératif de contracter une assurance risque. Les primes sont supérieures à celles des caisses de pension. Le 3e pilier offre toutefois la possibilité de choisir plus librement un bénéficiaire, car il a une définition plus large des héritiers.

Rendement

La loi assure un meilleur rendement aux assurés du 2e pilier. Chaque année, en effet, la Commission fédérale de la prévoyance professionnelle fixe le rendement minimal du capital annuel épargné. Il est de 1,75% en 2014 jusqu’à 84 240 fr., les caisses gérant librement la part dite surobligatoire. La rémunération du 3e pilier dépasse aujourd’hui rarement 1,50%.

Retrait et transfert

L’entrepreneur peut retirer ses avoirs de 2e et de 3e piliers pour pendre la crémaillère, à condition de prouver que ce capital est utilisé à bon escient*. Pas question, en revanche, de faire main basse après deux ans sur sa retraite pour éponger des factures impayées.

Si le jeune manager commence par un 3e pilier et décide par la suite de s’affilier à une caisse de pension, il peut transférer ses avoirs du 3e vers le 2e pilier, en fonction de son plan de prévoyance. L’inverse est en revanche impossible.

Rentes

Le patron qui a opté pour un 3e pilier bancaire touche le capital à la retraite. Libre à lui d’opter ensuite pour une rente viagère. Avec un 2e pilier, il peut choisir entre une rente et un retrait total ou partiel du capital. Le taux de conversion fixant le montant de la rente par rapport au capital épargné est actuellement fixé à 6,8%, mais le projet fédéral de réforme «Prévoyance vieillesse 2020» prévoit de le faire passer à 6%.

Stratégie

Le 3e pilier bancaire est plus souple pour les jeunes entrepreneurs qui font face à de grandes fluctuations de revenu. Il permet de lisser les résultats, et donc les notes d’impôts. Si les affaires prospèrent, alors, il sera temps d’approcher une caisse de pension où le plafond des cotisations est plus élevé. Lorsque le revenu dépasse 150 000 fr., le patron améliore ainsi ses perspectives de retraite.

Claire Houriet Rime

Bonus web: la LPP et les indépendants