
Les tribulations routières d’une Chinoise en Suisse
Troquer son permis de conduire étranger contre un suisse tient parfois de la gageure.
La route peut être longue, coûteuse et sans garantie de succès pour convertir certains permis de conduire étrangers en Suisse (lire encadré). C’est la cruelle expérience qu’a faite Yanmei Luo Mottier, d’origine chinoise.
Traduction certifiée
Domiciliée à Penthaz (VD), elle s’est adressée au Service des automobiles et de la navigation (SAN) à Lausanne pour obtenir les formulaires ad hoc. Après les frais usuels (examen de la vue, etc.), elle a fourni tous les documents nécessaires. Et c’est là que l’addition a commencé en douceur: 50 fr. pour valider sa demande.
Pour tous les ressortissants de pays dont l’écriture n’est pas alphabétique, les administrations exigent généralement une traduction certifiée de documents étrangers. Yanmei Luo Mottier n’y a pas échappé et a dû faire traduire son permis de conduire chinois auprès d’une société spécialisée pour que le SAN le reconnaisse. Une démarche qui lui a coûté 275 fr.
Après cette mise en bouche, notre lectrice a reçu une autorisation de circuler de quatre mois. Période qui lui a été impartie pour passer la course d’essai lui permettant de décrocher son bleu. Elle a donc mis toutes les chances de son côté en conduisant avec son mari et en prenant des cours auprès d’un moniteur professionnel.
Avant de se présenter à sa course d’essai au SAN, elle a pris pas moins de 20 cours d’auto-école pour une somme d’environ 2000 fr. Sachant qu’elle avait tout de même obtenu son permis de conduire en Chine, comment expliquer qu’autant de cours aient été nécessaires? «Il faut avouer qu’elle n’était pas à niveau, lâche son mari Jean-Luc Mottier. Les panneaux de signalisation sont certes assez similaires, mais la manière de rouler n’est pas du tout la même. En Chine, les gens roulent un peu à l’instinct...»
échec final
Malgré cette préparation, Yanmei Luo Mottier n’a pas obtenu son sésame. Elle a raté sa course d’essai facturée 130 fr. par le SAN. Ce que ne conteste pas son mari: «J’étais conscient qu’elle ne s’intégrait pas bien dans le trafic, qu’elle n’était pas encore au point. Je n’ai rien à redire sur ce point.» En revanche, ce qui le fait bondir, c’est que sa femme ait encore dû payer 200 fr. pour la «Décision retirant le droit de conduire», alors qu’elle n’était de toute manière plus autorisée à rouler à la fin des quatre mois!
Le plus frustrant, c’est qu’un échec à une telle course d’essai ne donne pas droit à une seconde chance. Notre lectrice a donc lâché 2700 fr. pour des prunes. Et, si elle entend obtenir un jour son bleu, elle devra tout recommencer de zéro en passant par la sensibilisation, l’examen théorique et tout ce qui s’ensuit.
Yves-Noël Grin
Bonus web: les pays dont les permis de conduire sont reconnus en Suisse


