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Perdre de l’argent avec les assurances vie mixtes

Associer la couverture du risque de décès et un placement dans un seul produit n’a jamais été aussi peu intéressant: les deux tiers de ce genre de police ont un rendement garanti négatif!

Il existe plusieurs moyens de protéger ses proches contre le risque d’un décès prématuré. L’un d’eux, l’assurance vie mixte, est particulièrement séduisant sur le papier, car il permet de libérer un capital en cas de décès, mais aussi lorsqu’on survit au contrat, ce qui n’est pas le cas avec une assurance décès classique*. Mieux encore, le capital investi travaille, ce qui devrait permettre, à la fin de la durée contractuelle, de récupérer plus que l’argent investi initialement.

Est-ce pour autant la panacée? Loin de là! Car, comme l’a déjà démontré Tout Compte Fait à plusieurs reprises, le rendement de ce genre de placement est non seulement très faible, mais encore en baisse constante depuis quelques années. Dans notre dernier comparatif des assurances de type traditionnel, c’est-à-dire non liées à des fonds de placement (octobre 2010), il oscillait péniblement entre 0,01% et 0,53%. Or,  2014 marque un tournant, car la majorité des compagnies garantissent désormais un rendement… négatif!

Où disparaît l’argent?

Cette désillusion s’explique par la structure interne des assurances vie mixtes. Certes, la plus grosse part du capital investi est consacrée à l’épargne, mais une plus petite sert à financer le risque de décès et de libération du paiement des primes (en cas d’accident ou de maladie entraînant une incapacité de gain du signataire) ainsi que les frais administratifs.

Ces trois postes – dont la proportion n’est pas détaillée par les assureurs, qui ne donnent qu'un ordre de grandeur – vampirisent le rendement de l’épargne, à tel point que ce dernier ne suffit aujourd’hui même plus à couvrir les frais et le financement des risques! En d’autres termes, il devient négatif. Bien entendu, les assureurs soulignent que l’adjectif est mal choisi, car il serait plus juste de faire le calcul en se fondant uniquement sur la part consacrée à l’épargne. Il n’en reste pas moins que, au terme du contrat, on récupérera moins d’argent que la somme totale investie…

Les excédents réels sont maigres

Face à ces rendements squelettiques, les assurances font miroiter une participation aux excédents susceptible de rapporter bien plus. Les primes sont, en effet, calculées avec une marge de sécurité et, si les affaires sont florissantes, ce bonus est retourné au client. Mais ces excédents ne sont qu’un pronostic, sans la moindre garantie, et rien ne permet de prévoir quel montant effectif touchera le client. Ce gain incertain dépend de la santé de l’assurance, de l’évolution des marchés et de la bonne gestion de l’argent confié. Or, plusieurs exemples tirés de ces dernières années montrent que la participation aux excédents est très nettement surévaluée par les assureurs, afin de rendre leurs produits plus attractifs.

Dans notre comparatif (voir tableau A), le rendement garanti se monte à –0,18% en moyenne, alors que certaines compagnies annoncent un taux, excédents inclus, dépassant les 2%. Mais nous le répétons: ce sont des promesses qui sont rarement tenues, et rien ne permet d’affirmer que l’assuré récupérera au moins ses billes.

Placer malin!

Il existe toutefois une solution assez simple pour retrouver le plus souvent sa mise de départ avec, en prime, un petit supplément, garanti cette fois: séparer la couverture du risque et l’épargne, en concluant une simple assurance décès et placer ailleurs le solde disponible après paiement des primes, par exemple dans des obligations de caisse.

Une assurance décès est, en effet, bien meilleur marché (voir tableau B). Et les obligations de caisse, malgré leur rendement actuellement très faible, rapporteront davantage que la plupart assurances vie mixtes évaluées ci-dessous (lire encadré).

*Aussi appelée assurance vie risque pur ou assurance risque de vie, en fonction des assureurs.

Vincent Cherpillod

Bonus web: Calculez votre capital


Pour télécharger le tableau comparatif, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.

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