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13 Basilic et persil: beaucoup de pesticides, mais à des doses faibles

basilic et persil Aucune des herbes aromatiques analysées n’a une concentration de pesticides supérieure aux valeurs de tolérance. Mais certaines cumulaient néanmoins des substances indésirables.

Si vous craignez d’avaler une or­gie de pesticides en consommant du basilic ou du persil non bio, notre test devrait en partie vous rassurer. Les treize échantillons ana­lysés à notre demande et à celle de notre partenaire On en parle (RTS-La Première) respectent tous les valeurs de tolérance suisses (lire encadré). Tout n’est pas pour autant rose, puisque quatre produits contenaient entre cinq et huit substances différentes. Ils ont écopé de la mention «peu satisfaisant» et non pas «insatisfaisant», du fait que les concentrations étaient conformes et très inférieures aux normes*.

Persil marocain au top, mais cher

Du côté des bonnes surprises, il y a notamment ce persil frisé marocain, vendu chez Manor, dans lequel le laboratoire n’a trouvé aucun des 400 pesticides traqués. Son prix, cependant, est moins savoureux: 10 fr. les 100 g, alors que le persil frisé acheté chez Migros n’a coûté, par exemple, que 3.85 fr. Celui-ci ne contenait d’ailleurs qu’un fongicide, de l’azoxystrobine.

Selon Didier Ortelli, chimiste cantonal délégué du canton de Genève, qui a mené les analyses, «les fongicides sont utilisés principalement contre les moisissures et retardent la dégradation de la marchandise. Cela évite que les herbes arrivent flétries ou flasques dans les rayons lorsqu’elles ont été coupées trois jours avant.» La concentration relevée était très faible: 0,008 milligramme par kilo, alors que la tolérance s’élève à 70 mg/kg.

Le persil frisé d’Aldi ne renfermait pas non plus de pesticides. Il s’agit cependant d’un cas particulier. Chez les deux hard discounters, nous n’avons trouvé ni basilic ni persil frais coupés. Nous les avons donc achetés en pot, ce qui les place à part dans notre tableau.

Du côté des mauvaises surprises, la palme revient au persil frisé italien vendu chez Coop, savoureusement agrémenté de cinq fongicides, de deux insecticides et un herbicide. Il est suivi par un basilic, italien, lui aussi, acheté chez Migros, avec six fongicides et un herbicide. Des résultats qui agacent les deux distributeurs. Tout en rappelant que l’échantillon incriminé respecte la loi, Coop précise avoir des exigences internes plus strictes que la loi. «Nous tolérons un maximum de quatre résidus de pesticides dans les herbes de cuisine, précise Ramón Gander, son porte-parole. S’il y en a cinq, nous donnons un avertissement pour que les objectifs soient respectés et, à partir de six, il y a une sanction importante avec des conséquences financières pour le fournisseur. C’est ce qui va se passer ici.»

Migros estime, de son côté, que les résultats du basilic évoqué ainsi que d’un autre avec cinq résidus sont «insatisfaisant», même si les quantités de fongicides sont minimes. Le géant orange ajoute laconiquement qu’il prendra «les mesures qui s’imposeront».

En fait, tous les détaillants tes-tés nous ont affirmé qu’ils suivaient des standards plus stricts que les normes légales et qu’ils procédaient à des analyses régulières. Migros et Coop sont ainsi membres de l’Association SwissGAP, et Manor dit respecter les normes établies par cette dernière. Le cahier des charges fixe un maximum de quatre résidus de produits phytosanitaires pour les herbes aromatiques, avec une mar­ge de tolérance à cinq si des raisons valables (condi­tions climatiques, etc.) le justifient.

Effet cocktail?

Si les règles adoptées par les grands détaillants sont louables, notre test montre que les producteurs ne les respectent pas toujours. Acheter des herbes aromatiques étrangères ressemble donc un peu à une loterie. «Il faut bien être conscient que le traitement aux pesticides est une réalité pour ces produits fragiles, surtout lorsqu’ils doivent voyager sur une longue distance, résume Didier Ortelli. Des pays comme Israël, l’Espagne ou l’Italie ont la réputation d’avoir la main assez lourde. Il reste toutefois difficile de pointer du doigt un pays, car les pratiques peuvent varier d’un producteur à l’autre.» Au final, on peut se réjouir que les concentrations décelées restent très faibles, loin des valeurs de tolérance. Il n’en demeure pas moins que l’addition des substances est susceptible de provoquer ce fameux «effet cocktail» dont on ignore encore les véritables répercussions. Par précaution, on veillera à bien rincer les herbes, tout en sachant que cela n’élimine pas tout. «Si l’on veut vraiment se prémunir contre les pesticides, le seul moyen est de s’orienter vers les produits bio, conclut Didier Ortelli. Mais, là, les prix sont différents.» Sébastien Sautebin /

Carole Despont

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