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L’été sans clim

Des murs couverts de végétation et quelques astuces architecturales garderont la maison tempérée tout l’été.

Comment affronter l’été sans suer à grosses gouttes au salon? Avec un peu de bon sens, un zeste de haute technologie et un budget raisonnable, on diminuera l’impact du rayonnement solaire sur la maison, donc la chaleur dans ses murs. Tour du propriétaire avec quelques mesures qui éviteront au thermomètre de s’affoler.

Elles exigent un investissement de départ, mais seront profitables sur la durée. Et ces mesures évitent aussi de dépenser entre 100 fr. et 2500 fr. pour un climatiseur (lire TCF 07/2004)*, sans compter les économies d’électricité (entre 60 fr. à 75 fr. par mois).

L’isolation – Sur les nouvelles constructions ou lors de rénovations importantes, on prévoira une isolation d’une épaisseur de 20 cm au moins sur les façades. Au plus fort de l’été, la température intérieure baissera de 5°C, à condition bien sûr de ne pas aérer. Et, en hiver, la consommation de mazout diminuera sensiblement. L’opération nécessite en revanche un gros budget: entre 100 fr. et 120 fr. le m2, alors qu’un simple coup de peinture revient entre 30 fr. et 40 fr. le m2.

La verdure – Pour intercepter les rayons obliques du début et de la fin de la journée, place à la vigne vierge et aux glycines sur les façades est et ouest. Les plantes grimpantes contribuent à maintenir la température dans les limites du supportable, d’abord en apportant de l’ombre et, ensuite, par leur évaporation naturelle. Inconvénient toutefois, si la plante s’accroche directement au mur, elle risque à la longue d’abîmer le revêtement. Pour les maisons à un étage, un arbre ou une haie proche du mur sera également très efficace. Et, en hiver, ses feuilles caduques céderont la place au soleil.
Une façade ensoleillée verra sa température baisser de 8°C environ si elle est recouverte de verdure, de 13,5°C si elle est ombragée par un arbre et de 15,5°C si une haie la protège efficacement. Selon la taille et l’espèce, compter entre 30 fr. et 50 fr. pour les plants et entre 100 fr. et 500 fr. pour les arbres.

Les fenêtres – Pour limiter l’effet de serre dans les pièces à larges fenêtres côté sud, il existe aujourd’hui des verres antisolaires à faible coefficient de transmission énergétique. Il ne laissent passer que 40% de chaleur au lieu de 63% pour un verre normal. Avec, toutefois, l’inconvénient de faire de même en hiver! A déconseiller par conséquent si on veut limiter la consommation de mazout. Compter un supplément de 25 fr. par m2, soit près de 40% par rapport à un verre standard.

Pour la baie vitrée du salon, on choisira des stores extérieurs à lamelles, même si elle ne donne sur aucun vis-à-vis. Histoire d’intercepter le rayonnement solaire avant qu’il ne réchauffe les vitres et, ensuite, toute la pièce. Avec l’avantage de pouvoir, en hiver, laisser le soleil inonder l’espace. Sur les constructions neuves, on commandera en une seule fois tous les stores pour négocier un prix, variant entre 200 fr. et 300 fr. le m2.

La terrasse – Nombre de maisons sont conçues avec une large terrasse… devant la baie vitrée du salon. Résultat: les dalles surchauffées rayonnent dans la maison et elles contribuent à augmenter la température à l’intérieur. Il est donc conseillé, devant les baies vitrées, d’opter pour un gazon et de diminuer ainsi de 9°C la température engendrée par la même surface recouverte d’asphalte!

Si on souhaite quand même installer la terrasse à cet endroit, on l’ombragera au moyen d’une pergola, dont les prix varient du simple (1000 fr.) au double, selon le modèle choisi, sans la verdure. Le réflexe vaut également pour les grands balcons: plus ils seront verts, moins il y fera chaud, et moins la chaleur envahira l’intérieur de la pièce.

Le toit – Le gros défaut des lucarnes percées dans les toits en pente, c’est qu’elles absorbent deux fois plus d’énergie qu’une fenêtre verticale de même surface. L’avantage, c’est qu’elles diffusent aussi deux fois plus de lumière. Attention par conséquent à percer des fenêtres de taille raisonnable pour ne pas transformer les combles en sauna. En posant des stores extérieurs (dès 120 fr. chez Velux pour un modèle en treillis laissant passer la lumière), on fera baisser la température dans la pièce de 2°C.

Sur les maisons à toit plat, opter pour une végétation à entretien minimal qui diminuera la température ambiante, contribuant à éviter la surchauffe de l’étage supérieur. Les toits végétalisés durent, paradoxalement, plus longtemps que les autres, car les écarts de température entre l’hiver et l’été n’atteignent que 30°C, contre 110°C pour un revêtement standard. Avec, en prime, le plaisir d’accueillir un biotope sur son toit! L’opération sera aussi tout bénéfice pour le voisinage: si 6% des immeubles étaient équipés de toits verts, la température baisserait de 1,5°C dans les villes.

Compter 3000 fr. de supplément par rapport à un toit standard.a