
Les frais bancaires de 15 banques: avantageuses, les banques cantonales
La gestion d’un petit bas de laine a son prix. Les plus malins opteront pour une institution locale, avec accès en ligne.
Il y a longtemps qu’il est fini le temps où, pour les revenus modestes, le rendement d’un compte salaire mettait un peu de beurre sur les épinards. Les intérêts se calculent aujourd’hui après la virgule et, comme la plupart des banques facturent désormais la gestion des petits pécules, les clients les moins fortunés doivent régler la note.
Comme le montre notre comparatif, celle-ci varie considérablement selon l’établissement. Elle évolue aussi au fil du temps: plusieurs institutions ont ainsi modifié leurs tarifs l’an dernier ou vont le faire en 2013. Nous avons donc démarré notre décompte annuel le 1er mars pour tenir compte des nouveaux tarifs de PostFinance, dernier en date à avoir annoncé un changement.
Dans tous les cas, la gestion en ligne pour les virements, les paiements et les extraits mensuels est la solution la plus avantageuse. Elle revient plus de vingt fois moins cher à la BCVs et cinq fois moins à la BCN! A UBS, l’écart n’est que d'un à deux, mais, au vu des montants en jeu, le recours à l’ordinateur est inéluctable pour ne pas faire exploser la note. Seule la BCF et Credit Suisse ne font pas de distinction entre les adeptes de la souris et les autres.
Dans notre scénario, les banques cantonales arrivent en tête du classement, talonnées par Raiffeisen. Celle du Valais distancie largement les autres puisqu’elle offre la carte de débit (Maestro) dont le prix varie ailleurs entre 20 fr. (BCBE) et 40 fr. (UBS). La Postcard est certes gratuite, mais la nouvelle banque postale se rattrape en facturant une coquette somme pour le forfait de gestion (60 fr.).
On ne prête qu’aux riches
Dans les autres établissements, ce poste varie entre 8 fr. (Raiffeisen) et 144 fr. (Credit Suisse). Comme le veut l’adage selon lequel on ne prête qu’aux riches, plusieurs institutions offrent leurs services aux comptes bien approvisionnés ou aux titulaires ayant contracté une hypothèque. A PostFinance, la gestion est ainsi gratuite à partir d’un avoir moyen de 7500 fr. Ce seuil est fixé à 15 000 fr. à la Banque Coop.
Credit Suisse, qui ferme la marche, souligne que deux cartes de crédit sont comprises dans son tarif. Quant à UBS, elle conteste notre scénario qui ne correspond plus, selon elle, à la réalité du marché. Elle propose ainsi des forfaits de gestion incluant cartes de crédit et de débit pour un total annuel variant entre 120 fr. et 140 fr. selon les conditions.
Nous avons enfin relevé les tarifs du compte sociétaire Raiffeisen et du compte privé actionnaire de la BCVs, soumis tous les deux à des conditions précises. En intégrant ces données à notre classement, Raiffeisen gagnerait trois places pour arriver avant la BCBE, alors que la BCVs, étonnamment, reculerait de deux rangs.
Conclusion: il vaut vraiment la peine de se pencher sur ces tarifs, quitte à changer d’établissement, plutôt que de conserver ad vitam æternam la relation bancaire ouverte à la naissance par son parrain. Et ce, d’autant plus qu’il n’est guère possible de faire l’impasse sur les prestations que nous avons retenues, sauf en évitant tout retrait dans les bancomats de la concurrence (D)!
Claire Houriet Rime
Bonus web: frais bancaires sans internet
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Les détails du scénario
Pour évaluer le coût de gestion d’un compte en banque pour un client modeste qui n’a ni hypothèque ni 3e pilier dans l’institution, nous avons établi le scénario suivant, en fonction des taux pratiqués le 10 janvier 2013. Notre titulaire ouvre, le 1er mars 2013, un seul et unique compte privé faiblement rémunéré (A), affichant un capital moyen de 2500 fr. Il a une carte de débit (B) avec laquelle il règle ses achats six fois par semaine dans divers commerces suisses (C), retire régulièrement de l’argent au bancomat de sa banque, mais aussi quatre fois par an dans un appareil de la concurrence – deux fois dans une banque cantonale, deux fois dans une autre banque suisse – (D). Il effectue à Noël un virement de 500 € sur un compte personnel en France (E).
A la fin de chaque mois, ce client fait ses paiements par internet (F), paie son loyer via un ordre permanent (G) et son assurance maladie par un recouvrement direct (LSV) (H).
Méticuleux, il télécharge un avis détaillé mensuel qui précise tous les mouvements (I).
Certaines de ces opérations sont comprises dans le forfait de gestion (J), mais pas toutes. Le 28 février 2014, il décide de quitter son établissement (K) et de transférer son argent à la concurrence (L).
Ensemble, les onze opérations (de B à L) représentent la somme des frais du compte (M), lesquels sont très légèrement atténués par les intérêts perçus entre le 1er mars 2013 et le 28 février 2014 (N). Le total (O) représente le coût final de gestion.
Nous avons ensuite répété l’opération pour le même compte sans option internet (P). Le tableau détaillé est disponible en ligne*.

