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Et si on dégradait les agences de notation?

Standard & Poor's (S&P), Moody’s et Fitche. Autrement dit les «Big Three». Elles se disent agences de notation indépendantes. Elles sont pourtant payées par les acteurs économiques qui veulent être notés.

Elles se disent crédibles. Mais la crise de 2008 a mis en lumière leurs évaluations erronées. On se rappelle que S&P avait confirmé la note suprême, le triple A, à Lehman Brothers, trois jours avant sa faillite retentissante!

Jusqu’ici, les «Big Three» bénéficiaient d’une totale impunité. Mais les choses pourraient changer. Le Tribunal fédéral australien vient de condamner S&P à dédommager des collectivités publiques qui ont perdu des millions en investissant dans des produits toxiques que l’agence avait gratifié d’un triple A.

D'autres voix s’élèvent aussi pour dénoncer des déclassements inexplicables qui font grimper les taux d’intérêts des acteurs économiques concernés. Une récente étude de l’Université de St-Gall relève, par exemple, que l’Espagne n’aurait dû être dégradée que d’une demi-classe, alors qu’elle en a perdu trois.

Ainsi, les agences de notation peuvent participer à la faillite des investisseurs, mais aussi à celle des sociétés et des pays notés. Avec des évaluations aussi fantaisistes que les prévisions météo à dix jours, les «Big Three» n’ont plus la légitimité de faire la pluie et le beau temps dans le monde économique.

Yves-Noël Grin