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10 assurances de protection juridique: l’art d’esquiver les mauvais risques

Elles font mine de régler toutes situations litigieuses, mais elles se gardent de défendre les dossiers trop épineux. Zoom sur dix assurances de protection juridique.

Un procès, c’est comme un jeu d’argent: ça ne garantit aucun gain, mais ça peut coûter très cher. Or, lorsqu’un litige éclate et qu’aucune solution à l’amiable ne se profile, le recours à un avocat n’est pas à la portée de toutes les bourses. Dans ce contexte, les protections juridiques privées semblent toutes aussi providentielles les unes que les autres. Pour quelques centaines de francs seulement, elles promettent aux consommateurs de les soutenir dans leur malheur.

Des exceptions à la pelle

Dans les faits, leurs prestations ne sont pas aussi étendues qu’elles le laissent croire. C’est ce que nous avons pu constater en passant dix assurances standard – sans couverture circulation - au crible. Primo, inutile d’espérer un soutien si le différend touche au droit de la famille ou des successions: que ce soit lors du partage de l’héritage de tante Berthe ou en procédure de divorce, les protections juridiques se retirent en catimini. Au mieux, certaines offrent leurs conseils (voir tableau) pour une valeur qui varie de 300 fr. à 600 fr. selon les produits.

Secundo, mieux vaut se montrer conciliant ou bon négociateur avant de déclarer la guerre à ses voisins. Car, même si quelques assurances acceptent d’entrer en matière, le montant des prestations est réduit à peau de chagrin! Le produit le plus généreux de notre panel, Orion Standard, coupe les vannes à 10 000 fr., somme qui semble a priori coquette, mais qui devient dérisoire en cas d’affaire complexe.

Pour se prémunir contre ce type d’embrouilles, les propriétaires doivent contracter une protection juridique privée «immeuble».Cette complémentaire s’avère également précieuse lorsque des travaux de construction ou des contrats d’entreprise tournent au vinaigre. Car, avec une protection privée standard, les prestations se résument à un conseil, voire à un soutien symbolique de 3000 fr. à Coop. Mais l’option «immeuble» a malgré tout ses limites, puisqu’elle exclut bien souvent les travaux litigieux qui ont fait l’objet d’une mise à l’enquête.

Attention au territoire!

Les limites géographiques méritent elles aussi d’être soigneusement examinées. De prime abord, les produits couvrent aussi bien les litiges survenus en Europe qu’en Suisse. Mais, en disséquant attentivement les conditions générales, on constate que les bémols sont fréquents. En effet, les prestataires sont nombreux à exclure les différends touchant notamment aux droits du patient (médecin, hôpital, etc.), des assurances et même des contrats. Il ne reste alors que les poursuites pénales à l’encontre de l’assuré et les prétentions civiles de dommages et intérêts qui sont prises en charge sans restriction sur le territoire européen.

Hors Europe, les choses se corsent davantage encore. Avec un produit standard, la somme couverte est irrémédiablement réduite dans une fourchette qui va de 30 000 à 60 000 fr. selon les polices. Et, tout comme pour les événements survenus en Europe, la liste des restrictions est plus longue que celle des prestations. Pour une meilleure protection à l’étranger, il est donc indispensable de conclure une complémentaire ou de s’orienter vers une police plus onéreuse.

Dernier paramètre évident à ne pas négliger, le montant de la couverture pour les conflits basés en Suisse. Dans notre comparatif, cette valeur varie du simple au double! Protekta (La Mobilière), Orion Standard et la protection privée d’Helvetia prennent à leur charge jusqu’à 500 000 fr., alors que tous les autres prestataires ont une limite oscillant entre 250 000 et 300 000 fr. Là aussi, des options permettent de tirer ce montant vers le haut, mais, fatalement, la prime annuelle itou.

Bien cerner ses besoins

En résumé, une protection juridique privée doit être conclue avec les mêmes précautions que toute autre assurance. Il s’agit avant tout de trouver un produit qui garantit des prestations en adéquation avec ses besoins. Et, le cas échéant, de contracter des complémentaires pour bénéficier d’une couverture idéale. On pense notamment à la protection juridique circulation pour les gros rouleurs, à l’extension monde pour les grands voyageurs, voire à la police «immeuble» pour les propriétaires qui louent des biens. En tous les cas, se laisser appâter par le seul niveau des primes serait une erreur. Car économiser quelques dizaines de francs pour se retrouver seul en cas de conflit peut coûter cher.

Yves-Noël Grin


Pour télécharger le tableau comparatif, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.

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