
Pas de bulle à Fribourg!
La région n’a cessé de gagner en attractivité, ces dernières années. Les prix de la PPE demeurent pourtant largement abordables.
Le marché fribourgeois de la PPE se porte bien, merci! Ces cinq dernières années, les prix des appartements ont augmenté de 26% en valeurs globales (voir tableau). Ce chiffre peut paraître élevé, mais il correspond à la moyenne suisse, relativise Philippe Sormani, président du Centre d’information et de formation immobilières (CIFI). La croissance de la région est toutefois spectaculaire: de 240 000 âmes en 2000, elle devrait atteindre 300 000 âmes à l’horizon de 2017. Mais, si la demande immobilière est soutenue, le marché reste détendu grâce à des réserves de terrains à bâtir en suffisance. Il n’y a donc pas de bulle à Fribourg…
La barque n’est pas pleine
Dans ce canton essentiellement rural, on distingue trois zones prisées.
> Bulle, d'abord, et les communes voisines, qui ont connu un développement économique exceptionnel, ces dix dernières années.
> La région autour du lac de Morat, ensuite, qui profite de son cadre naturel et de sa proximité avec Berne.
> En troisième place ou plutôt «deuxième ex æquo», selon Philippe Sormani, la ville de Fribourg et ses alentours. Mais, même dans le chef-lieu, il est encore possible de dénicher un 4,5 pièces pour moins de 700 000 fr.
En dehors de ces régions phare, le m2 de surface habitable PPE se négocie entre 4200 fr. et 4500 fr., voire moins, relève François Bosson, directeur de la Banque Raiffeisen de la Glâne. Rien à voir avec les prix pratiqués dans la région lémanique où les surfaces constructibles se réduisent comme peau de chagrin.
Terre d'asile
Pas étonnant, dès lors, que tant de Vaudois posent leurs cartons en terres fribourgeoises! De même que des Bernois et des Neuchâtelois, dans une moindre mesure. La fiscalité neuchâteloise, particulièrement lourde, expliquerait-elle l’exode de ses résidents? «Cela peut jouer un rôle, répond Philippe Sormani, mais ce sont surtout les personnes très aisées qui font ce type de calcul, pas tellement les familles qui achètent un appartement en PPE.»
Ces «migrants» n’ont en plus pas beaucoup de chemin à parcourir. Celui-ci s’est raccourci une première fois en 2001, lors de l’extension de l’autoroute A1 par le sud du lac de Neu châtel. Les transports publics ont suivi plus récemment, notamment avec la mise en service du RER Bulle-Fribourg, en décembre dernier. Bulle, justement, est désormais à moins d’une heure de Lausanne, de Fribourg ou de Berne.
«Mais l’argent n’est pas tout, estime François Bosson. Ce que les nouveaux arrivants trouvent à Fribourg, c’est la qualité de vie.» Et de citer la nature abondante, la proximité de la montagne, le lac, le système scolaire ainsi que la qualité des transports publics et des infrastructures en général. Seul bémol: l’offre culturelle mériterait, selon lui, d’être développée.
Philippe Chevalier


