
6 comptes actionnaires: les comptes actionnaires sont risqués
Acheter les actions d’une banque pour augmenter le taux de son épargne est une fausse bonne idée. La preuve en chiffres.
Comment faire pour gagner plus que moins que rien? Telle est la question que se pose l’épargnant par les temps qui courent. La rémunération des comptes épargne ne dépasse pas, en effet, le taux de 0.5% (voir tableau). Dès lors, il est tentant d’opter pour un compte épargne actionnaire, qui permet de faire grimper les intérêts jusqu’à 1,25%.
Du point de vue de l’épargnant, une telle opération ne tient toutefois pas la route. D’abord, parce que ce petit avantage ne s’obtient qu’au prix d’un investissement souvent important, puisqu’il faut acheter des actions de l’établissement (des «parts ordinaires» à la Banque WIR), pour un montant qui varie, à l’heure actuelle, entre 320 fr. (BCJ) et 21 960 fr. (Valiant). Et c’est tenir compte sans les frais facturés par certaines banques: l’achat des titres (courtage) coûte, par exemple, un forfait de 100 fr. chez Valiant.
Opération risquée…
Surtout, vu la faible différence de rémunération (0,75% au plus), la seule motivation est d’espérer que le cours des actions augmente, ce qui permettrait de dégager une plus-value. Mais, pour ce faire, l’épargnant s’expose aux caprices de la Bourse, avec le risque d’y laisser des plumes. Deux exemples.
- Un client de Valiant ayant acheté ses titres il y a quatre ans va perdre 9864 fr. (hors frais) en les revendant aujourd’hui, puisque l’action a cédé 31% entre novembre 2007 et octobre 2011. Et, même avec les dividendes (part des bénéfices distribuée chaque année aux actionnaires), la perte est tout de même de 7596 fr.
- Même scénario à la BCGE: les dividendes (460 fr.) ne compensent pas la perte subie en cas de vente (1840 fr.).
Conclusion absurde: pour que les intérêts comblent les pertes, il faudrait, selon nos calculs fondés sur les indications des établissements, avoir déposé la bagatelle de quelque 247 000 fr. chez Valiant ou 41 000 fr. environ à la BCGE!
…mais parfois rentable
A l’inverse, bien sûr, l’épargnant mué en investisseur peut espérer engranger des profits, à condition d’avoir misé sur le bon cheval. Ainsi, s’il vend ses actions BCBE achetées 4995 fr. en 2007, il empochera 1639.50 fr, quatre ans plus tard, dividendes (460 fr.) compris. Au total, avec les intérêts, le client de cet établissement aura ainsi gagné 1959.40 fr. en ne déposant que 5000 fr. sur son compte. Ce qui représente, en tenant compte de l’investissement de base et du placement en épargne, un taux annualisé plus qu'honorable de 4,6%. Mais comme toujours en Bourse, les chiffres réjouissants d’hier ne prédisent rien de l’avenir…
Raiffeisen plus sûre
Les épargnants, généralement allergiques au risque, préféreront donc un compte sociétaire Raiffeisen. Non seulement l’investissement minimal est faible (200 fr.), mais le titre (part sociale) n’est pas coté en Bourse, et donc insensible aux variations, raison pour laquelle nous avons classé ce produit à part. De plus, il donne droit à un joli dividende (48 fr. par titre en quatre ans) et à un taux d’intérêt parmi les plus généreux.
Ou alors, ils placeront leur capital sur internet, où les taux vont jusqu’à 1,1% (lire «En ligne, l’épargne est mieux servie», TCF 9/2011). Sans même devoir acheter une part ou une action!
Nicolas Zeitoun
Pour télécharger le tableau comparatif, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.
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