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Et une gifle de plus aux consommateurs!

Le Conseil national rejette largement une motion demandant d'améliorer le comparateur fédéral des primes pour l'assurance maladie. Les courtiers en ligne se frottent les mains!

Une fois encore, le Parlement démontre qu'il préfère entendre le très puissant lobby des assureurs et des courtiers plutôt que défendre l'intérêt des consommateurs. Le Conseil national a rejeté, ce matin, par 118 voix contre 68, la motion du valaisan Stéphane Rossini, demandant que priminfo.ch, le comparateur fédéral des primes pour l'assurance maladie, puisse évoluer de façon à devenir une réelle concurrence aux sites commerciaux (comparis, bonus, etc.), qui coûtent, chaque année, des dizaines de millions de francs aux caisses maladie.

Le Conseil fédéral avait pourtant soutenu cette motion à la fin de l'année dernière. C'est d'ailleurs ce qui l'a peut-être perdue: puisque le motionnaire et le Gouvernement étaient d'accord, le texte a eu droit à un processus accéléré et il n'y a donc pas eu de débat, simplement un vote. «Or, il faut reconnaître que les choses avaient été bien préparées, constate Stéphane Rossini. Il n'a pas manqué une voix à droite! Franchement, nous n'avons rien vu venir…».

Bref, une gifle monumentale qui démontre, une fois encore, qui commande sous la Coupole et comment une majorité des parlementaires préfère favoriser les courtiers que lutter contre la hausse des frais de la santé! Car ce qu'on oublie toujours dans ce qui semble parfois n'être qu'un combat de coqs, c'est que les dizaines de millions de francs cédés par les assureurs aux comparateurs commerciaux contribuent inévitablement à la hausse des primes, payées cash, année après année, par les assurés. Comparis se frotte évidemment les mains, lui qui, une heure après le vote, s'est fait un malin plaisir de nous transmettre l'information dans un style très ironique.

Le comparateur en son état n'est pourtant par remis en cause. Ce que demandait la motion, c'est que, à l'instar des sites commerciaux, l'internaute puisse demander une offre à l'assureur de son choix sans devoir à nouveau donner toutes ses coordonnées. Cela nécessitait des modifications légales qui ont donc été refusées. Nous avions retiré notre propre comparateur, soutenu par de nombreux acteurs d'information ou de défense des consommateurs, en 2011, en faveur de celui de l'OFSP. Nous allons réexaminer notre position en fonction de ces récents développements.

Christian Chevrolet