
Le bon médicament, à la bonne dose
ANTIDOULEURS Paracétamol, ibuprofène, aspirine… Nous sommes parfois pris au dépourvu quand il faut choisir. Suivez le guide.
Ils font partie des incontournables des armoires à pharmacie. Disponibles sans ordonnance, ces médicaments sont généralement sûrs et efficaces, à condition de respecter quelques règles. Le paracétamol, l’ibuprofène et l’aspirine sont des antalgiques de «palier 1», selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ils visent à soulager les douleurs légères à modérées. Pour autant, ces substances ne sont pas anodines et peuvent avoir, comme tout médicament, des conséquences néfastes sur l’organisme. Lequel choisir?
- Commercialisé sous divers noms (Dafalgan, Acétalgine, Panadol), le paracétamol est le médicament de premier recours lors de douleurs légères. Il agit également contre la fièvre (antipyrétique). Le spectre est large: maux de tête, de dents, de dos, grippe, règles douloureuses, etc. A la différence de l’aspirine et de l’ibuprofène, le paracétamol n’a pas de vertus anti-inflammatoires. «C’est un médicament bien toléré. Il n’a pas beaucoup d’effets indésirables», relève Marie Besson, médecin adjointe responsable du Centre multidisciplinaire de la douleur aux HUG. Consommé de façon excessive, le paracétamol peut toutefois provoquer de graves dommages au foie. Dans le pire des cas, une transplantation peut être nécessaire. L’alcool, aussi métabolisé par le foie, peut augmenter la toxicité de la substance, fait remarquer Marc Suter, médecin associé au Centre d’antalgie du Service d’anesthésiologie du CHUV. En général, on espacera les prises de comprimés de 500 mg d’au moins 4 heures. Des dosages de 1 g sont disponibles sur ordonnance. Officiellement, la dose quotidienne à ne pas dépasser pour un adulte est de 4 g, mais on préconise de plus en plus de se limiter à 3 g pour une longue période, précise Marc Suter. Les réactions allergiques sont par ailleurs très rares.
- Large classe de médicaments, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) font aussi baisser la fièvre et atténuent la douleur. Contrairement au paracétamol, ils diminuent, comme leur nom l’indique, l’inflammation, par exemple en cas d’entorse, foulure ou tendinite. On retrouve deux principes actifs dans de nombreux médicaments: l’ibuprofène (Irfen, Algifor) et le diclofénac (Voltaren). La dose conseillée maximale est de 3 x 400 mg par jour pour l’ibuprofène et de 3 x 25 mg pour le diclofénac. On veillera à espacer les prises d’au moins 6 heures. De manière générale, l’ibuprofène est proposé en seconde intention, si la personne n’est pas soulagée par le paracétamol. Ces médicaments ne doivent pas être pris à la légère, car ils peuvent avoir des effets délétères sur l’estomac. Chez certaines personnes, la prise d’ibuprofène peut entraîner des douleurs gastriques, des diarrhées, voire à haute dose un ulcère. Les patients souffrant d’insuffisance cardiaque, rénale ou d’hypertension devraient y renoncer.
- L’aspirine (Aspégic, Aspro, Alka Seltzer) appartient également à la vaste famille des AINS. Elle est de moins en moins utilisée comme médicament contre la douleur. «A l’heure actuelle, elle est surtout utilisée à petite dose (100 mg par jour) pour ses propriétés antiaggrégantes dans le cas de problèmes cardiaques», explique Marie Besson. Par ailleurs, l’aspirine est de moins en moins prescrite comme anti-inflammatoire (à dose plus élevée) en raison de ses effets indésirables. Elle peut en effet provoquer des douleurs abdominales, comme des sensations de reflux acide, des nausées et des vomissements, voire des saignements. Pour soulager une douleur ou de la fièvre, on lui préférera donc le paracétamol ou éventuellement l’ibuprofène.
Les enfants et les femmes enceintes peuvent-ils prendre des antidouleurs? Par mesure de précaution, il est recommandé de renoncer à la prise de médicaments durant la grossesse et l’allaitement ou de demander l’avis de son médecin. Si nécessaire, le paracétamol peut être utilisé pour un traitement à court terme en respectant la posologie indiquée. Les femmes enceintes devraient, par contre, éviter l’aspirine et l’ibuprofène, en particulier à partir du 6e mois. Idem pour les enfants: l’automédication ne se fera qu’après avoir discuté avec le pédiatre. Pour une prise sûre, on veillera à bien respecter les dosages par kg de poids corporel.
Alexandre Beuchat


