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Racheter son assurance vie coûte très cher

prévoyance Mieux vaut bien réfléchir avant de conclure une assurance vie mixte. En cas de besoin soudain de liquidités, son rachat avant terme peut entraîner de lourdes pertes.

Pour conserver le même train de vie une fois l’âge de la retraite venu, il peut être tentant de se constituer un 3e pilier, car les rentes AVS et la caisse de pension peuvent s’avérer insuffisantes. Choisir une solution de prévoyance liée (ou «3a») permet même de payer moins d’impôts, car les montants mis de côté sont déduits du revenu imposable. Deux formules sont possibles: déposer l’argent sur un compte bancaire «3a» à un taux d’intérêt qui varie actuellement entre 0,35% et 1% (lire article «Pas de compte 3a au-delà de 1% sans risque» de janvier 2017 sur bonasavoir.ch) ou contracter une assurance vie mixte.

Argent bloqué pendant longtemps

Ces dernières permettent, tout en épargnant de l’argent, de protéger ses proches d’un décès prématuré. Cependant, depuis que les taux d’intérêt se sont évanouis, le système s’est grippé: le rendement du capital épargné chaque année ne suffit plus à financer le risque de décès, et l’assuré se retrouve, à la fin du contrat, avec moins d’argent qu’il n’en a investi (lire «Epargne et assurance vie ne font pas bon ménage»  de novembre 2016 sur bonasavoir.ch).

L’autre problème, c’est que ces produits ont le désavantage d’engager les clients sur une longue durée. Or, il n’est pas évident, à 40 ans, de savoir de quoi seront faites les 25 années suivantes! Un divorce ou un changement de situation professionnelle peut créer un besoin urgent de liquidités. Une retraite anticipée peut, elle, laisser l’assuré avec un contrat de prévoyance liée trop long sur les bras (lire encadré).

Comme le rappellent souvent les courtiers, il est possible de racheter son assurance et de toucher immédiatement l’argent investi. Vrai, mais ils omettent de préciser que ce rachat se fait alors à perte dans la plupart des cas. Si le rachat a lieu peu avant la fin du contrat, ces pertes peuvent, certes, être tempérées par d’éventuelles participations aux excédents. Mais ceux-ci ne sont aucunement garantis, et l’expérience montre que les prévisions sont souvent trop optimistes. Dès lors, c’est sur la base de la valeur de rachat garantie que nous avons comparé onze assurances vie mixtes traditionnelles – c’est-à-dire non liées à des fonds de placement – à huit dates différentes. Les résultats sont sans appel: à moins de compter sur la loterie des excédents, il est presque impossible de retrouver ses billes, même en allant jusqu’au terme du contrat.

20% de l’épargne s’envole

Si le rachat intervient avant que la deuxième année d’assurance ne soit achevée, c’est même la catastrophe, puisqu’on ne récupérera pas un centime dans quatre cas (voir tableau). Après cinq ans et 30 000 fr. de primes versées, on ne récupère même pas 20 000 fr., sauf avec les produits de Retraites Populaires et de Vaudoise. Autrement dit, un tiers de la somme investie s’envole. Même en attendant vingt ans pour racheter le contrat, c’est toujours près de 20% de l’argent épargné qui risque bien de s’envoler, puisque moins de 100 000 fr. sont garantis dans 10 cas sur 11, tandis que 120 000 fr. auront été versés.

Malgré la faiblesse actuelle des taux d’intérêt, il reste plus intéressant, et surtout plus sûr, de placer son argent sur un compte bancaire «3a». A plus forte raison lorsque la couverture du risque de décès n’est pas essentielle – par exemple pour les célibataires ou les couples sans enfants dont le conjoint travaille. Les autres pourront se tourner vers une simple assurance décès (ou risque pur), qui n’a pas d’objectif «épargne».

Vincent Cherpillod