
Bourse en ligne: la foire aux tarifs
Les tarifs de courtage en ligne varient passablement, mais, pour l’investisseur, ce n’est pas le seul critère à considérer.
Pour l’investisseur en ligne, savoir vraiment combien coûtera une transaction relève de l’exploit. Sur les sites, les tarifs de courtage sont souvent pénibles d’accès, incomplets ou difficilement compréhensibles. De plus, ils varient dans des proportions considérables: la différence est de un à six entre les moins chers, la Banque Migros et Trading Floor, et le plus coûteux, UBS (voir tableau). Enfin, ces frais de courtage ne sont de loin pas tout ce que le client aura à payer (lire encadré). Une exception tout de même à saluer: la Banque Migros, qui a introduit un forfait unique de 40 fr. pour toutes les transactions.
Des philosophies différentes
Les Warren Buffet en herbe appartiennent à des typologies très différentes, auxquelles les plateformes de trading en ligne se sont bien entendu adaptées.
- - Les grandes banques – UBS et Credit Suisse possèdent des plateformes de trading, mais ne souhaitent manifestement pas qu’elles se développent. Avec des tarifs prohibitifs et une ergonomie décourageante, ces sites semblent viser surtout à diriger l’investisseur vers un conseil personnalisé. A côté de celles-ci, la Banque Migros, Raiffeisen et PostFinance s’adressent à des investisseurs populaires peu actifs qui ne demandent pas des outils de trading très pointus.
- - Les grands sites populaires – A l’image du leader Swissquote (près de 80 000 clients) et d’e-sider.com, plateforme spécialisée de la BCV, ils sont très prisés par une classe moyenne à supérieure orientée surtout sur les produits traditionnels, actions et fonds de placement.
- - Les plateformes spécialisées – Tradejet et Trading Floor, par exemple, s’adressent très clairement aux plus actifs des investisseurs, aux plus audacieux aussi: c’est sur ces plateformes qu’on travaille sur les devises, les effets de levier et toutes formes d’opérations spéculatives à six ou sept chiffres – même si on n’a pas le cash – qui peuvent rapporter très gros, mais avec une prime de risques tout aussi grosse. Ces sites exigent des moyens importants et des connaissances très pointues. Ainsi, dit-on chez Tradejet, les 2500 clients font en moyenne cinq fois plus de transactions que ceux de Swissquote.
Des masses d’informations
Ce dernier type d’investisseur a naturellement besoin d’une masse d’informations importante avec, en tout premier lieu, des cours en temps réel. Seules la Banque Migros, Raiffeisen et PostFinance n’offrent pas cette prestation: les cours sont décalés de dix minutes. Les plateformes de Trading Floor et de Tradejet sont impressionnantes par leur sophistication et la multiplicité des fenêtres du tableau de bord, où les chiffres clignotent, tournent et défilent à un rythme d’enfer. Voir changer le différentiel dollar-euro plusieurs fois par seconde donne le tournis: il s’agit de cliquer au bon moment pour envoyer son ordre. Stress garanti... Le revers de la médaille, c’est que ces outils sont très difficiles à maîtriser si on ne s’y frotte pas tous les jours.
A côté de ces structures quasi professionnelles, les outils financiers de Swissquote et de e-sider sont plus abordables pour l’amateur – un peu éclairé quand même. Les deux plateformes proposent des outils d’analyse très pointus, dont les moins complexes permettront à l’investisseur de se familiariser avec une valeur, dans une perspective historique, et de prendre une décision en connaissance de cause, en temps réel. Si on laisse de côté les Fibonacci, les stochastiques, les Williams et les chandeliers japonais, il existe des outils simples et épatants, comme la MAV, la moving average. Il s’agit d’une aide à la décision qui, accompagnant la courbe du cours d’une action, signale d’un marqueur vert ou rouge les bons moments pour acheter ou pour vendre. Et cela fonctionne plutôt bien.
Au-delà des frais de courtage proprement dits, l’investisseur tiendra compte d’autres facteurs, comme la qualité et l’ergonomie des outils financiers et aussi la disponibilité du support technique, indispensables lorsque tout va de travers.
Philippe Barraud
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Des frais à gogo!
Les frais de courtage ne sont qu’une fraction des frais à payer. L’investisseur se verra encore débiter le timbre fédéral de négociation, parfois une taxe de Bourse et, pour les fonds de placement, un droit d’entrée généralement élevé (jusqu’à 5,25% du montant total). A la revente en revanche, il n’y aura pas de droit de sortie.
Enfin, des coûts supplémentaires s’ajouteront en fin d’année sous forme de droits de garde, de commission d’administration et de frais pour l’établissement du relevé fiscal, obligatoire.

