
Retarder sa rente AVS est peu payant
J’ai 65 ans et désire continuer de travailler. Est-ce intéressant d’ajourner le versement de ma rente AVS?
Pas vraiment. Bien que le montant de la rente soit majoré d’un supplément lorsqu’on retarde la perception de son AVS, cette augmentation ne compense qu’à très long terme le total des rentes non perçues pendant quelques années. Ce supplément est de 5,2% pour une année d’ajournement et plafonne à 31,5% pour cinq ans, soit la durée maximale autorisée.
Exemple: imaginons, que, à 65 ans, vous ayez droit à une rente AVS de 1000 fr. et que vous décidiez ne de la toucher qu’à 66 ans. Une année plus tard, vous auriez donc droit à une rente de 1052 fr. (+5,2%). Soit seulement 52 fr. de plus par mois. En revanche, si vous aviez touché votre rente AVS à 65 ans, vous auriez déjà empoché 12 000 fr. Par conséquent, il faudrait que vous viviez presque 20 ans encore, donc jusqu’à 86 ans, pour que l’ajournement devienne rentable (12 000 fr. : 52 fr. = 230 mois = 19 années).
Avec un ajournement de cinq ans, cela donnerait une rente à 70 ans de 1315 fr. (+31,5%), 60 000 fr. de rentes non encaissées (12 000 x 5 ans), et il faudrait aussi espérer vivre jusqu’à 86 ans (60 000 fr. : 315 fr. = 190 mois = 16 ans). Dans ce cas pourtant, la majoration de la rente est plus conséquente et plus à même d’équilibrer un budget.
L’ajournement peut, en revanche, présenter un net avantage au niveau fiscal si vous continuez à travailler, car, en renonçant à toucher l’AVS, cela vous évite d’être imposé sur un double revenu (salaire + rente AVS), ce qui, à défaut, risquerait de vous faire passer dans un palier d’imposition plus élevé.

