Restez un consommateur averti et profitez de nos avantages abonnés
Pourquoi pas
Non merci
Panier
x
Le panier est vide

14 comptes de 3e pilier A: prévoyance: discocier l’épargne de l’assurance

L’assurance vie mixte offre souvent un faible rendement. En séparant l’épargne de la couverture des risques, le capital garanti à la retraite peut gonfler.

Si économiser pour sa retraite tout en s’assurant contre les risques de décès et d’invalidité est une bonne idée, ce n’est certainement pas un bon calcul de coupler les deux dans une assurance vie mixte. Ces 3e piliers a ont souvent un rendement faible, car l’épargne est vampirisée par le financement de la couverture des risques de décès et d’invalidité. Mieux vaut confier ses économies à un 3e pilier bancaire et se protéger séparément à l’aide d’une assurance vie pure.

Exemple: un homme âgé de 35 ans qui, 30 années durant, paie 6365 fr. de prime annuelle pour une assurance vie mixte, touchera au mieux 269 272 fr. à l’heure de la retraite. Cela représente un rendement annuel de 2,13% (voir l’offre Axa du tableau ci-contre).

A priori, ce gain semble encore assez intéressant, sauf qu’il n’est pas garanti. Pour parvenir à cette estimation, l’assurance tient compte des participations aux excédents, c’est-à-dire aux bénéfices réalisés sur les marchés financiers.

Aucune garantie pour les excédents
On sait d’expérience que cette participation aux excédents est souvent surévaluée afin d’appâter les clients. Même l’année dernière, qui fut des plus fameuses pour la Bourse, les excédents sont restés modestes en comparaison. En réalité, la somme que notre homme peut être certain de récupérer au terme du contrat avec Axa n’est que de 202 039 fr. Elle seule est garantie par la police. Et le rendement de l’épargne se réduit alors à 0,36% par année.

Si on ne tient compte que du capital garanti à terme, l’offre la plus généreuse émane de Swiss Life, avec 209 396 fr. et 0,59% de rendement. A l’extrême opposé, celle d’Allianz Suisse est créditée, dans ce cas de figure, d’un rendement négatif. Cela signifie que, en 30 ans, l’assuré verse davantage d’argent à la compagnie que la somme qu’il est certain de toucher!

Pourquoi le rendement final est-il aussi bas, alors qu’à la conclusion du contrat les assureurs nous parlent d’intérêts souvent beaucoup plus élevés? Le problème est que cet intérêt ne rétribue qu’une partie de la prime versée, celle consacrée à l’épargne. Le reste de l’argent sert à financer les risques assurés, les frais administratifs et ceux de la conclusion du contrat, commission comprise. Et jamais le client ne saura combien tout cela coûte exactement…

Banques plus profitables
Les 3e piliers bancaires ne présentent pas cet inconvénient liés aux frais. Si notre homme verse chaque année 6365 fr. sur ce type de compte, il n’a certes droit à aucune prestation d’assurances vie, mais, en contrepartie, la totalité de son épargne profite du taux d’intérêt appliqué. Ces taux, bien que fluctuants, surpassent toujours largement les rendements garantis par l’assurance vie mixte. Actuellement, plusieurs établissements rémunèrent avec un intérêt de 1,75% (voir tableau ci-dessus).

Aujourd’hui pourtant, les taux sont encore bas, malgré une hausse qui s’amorce gentiment. Sur le long terme, il n’est pas exagéré de compter avec un rendement de 2%, voire 2,5%. Cela signifie, que, au bout de 30 ans, l’épargne de notre exemple s’élèvera à 263 380 fr., voire 286 426 fr., soit au moins 53 984 fr. de plus que le capital garanti par la meilleure assurance de notre comparatif. Cette différence permet aisément de financer une assurance vie pure pour couvrir les risques nécessaires. Il existe, par exemple, des assurances vie à capital décès décroissant à partir de 438 fr. par an (lire TCF 12/2006)*.

Cette formule, séparant l’épargne de l’assurance, offre également une plus grande flexibilité. Une assurance vie mixte constitue, en effet, une forme d’épargne contraignante, car il faut payer ses primes régulièrement. Bien que l’assuré ait la possibilité d’interrompre les versements en cas de problèmes d’argent, voire de racheter la police, le coût de telles opérations est élevé. Des contraintes qui n’existent pas avec un 3e pilier bancaire, puisque ces comptes sont alimentés à loisir, selon les moyens et la fréquence propres à chacun.

Roland Bron, directeur romand VZ VermögensZentrum

* Tous les anciens articles de Tout Compte Fait peuvent être consultés gratuitement sur notre site internet . Mot de passe pour le mois à venir: maison

Pour télécharger le tableau comparatif des produits, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.

Voir les résultats
Lire l'article