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La guerre aux rides

Il y a les rides sympas, et celles qu’on redoute de découvrir dans son miroir. Efficace, le traitement au Botox est toutefois assez coûteux.

La médecine esthétique a longtemps été réservée aux stars. Dopée par les progrès de la science, elle se démocratise et offre d’autres solutions que le scalpel. Les injections de toxine botulique de type A par exemple, couramment appelée Botox®, éliminent temporairement les rides du haut du visage.
Injectée à des doses très diluées par une seringue extrafine, la substance bloque l’influx nerveux et empêche le muscle de se contracter. Paralysé, il ne forme donc plus de rides. Si le traitement est entrepris avant que celles-ci ne soient trop creusées, elles disparaissent, mais pour revenir après quelques mois, une fois la toxine résorbée. A ce niveau de dilution, la substance n’a pas d’effets secondaires.

Le diagnostic
«Le seul moyen d’en avoir le cœur net, propose Mishal Brugger, praticien au Centre de chirurgie plastique de la clinique de Montchoisi à Lausanne, est de tester le produit.» Dotée d’une ride du lion et de pattes d’oie prometteuses, j’accepte de jouer le jeu.
Pour poser son diagnostic, le médecin me photographie en train de froncer, puis de hausser les sourcils et, enfin, de sourire. Verdict: mon visage, très expressif, est assez marqué. Mishal Brügger me propose donc de faire des injections dans les muscles du front et sur les côtés des yeux.

Les injections
Le traitement, effectué sans anesthésie, dure une dizaine de minutes. Le médecin injecte au moyen d’une aiguille très fine la toxine botulique dans les différents muscles contractés. C’est nettement moins douloureux qu’un vaccin, même si ça «pique» un peu entre les sourcils. Pas de bleus ni de rougeurs: je reprends aussitôt ma vie normale avec toutefois un sentiment de lourdeur au niveau du front.
Deux jours plus tard, les premiers effets se font sentir. J’ai beau écarquiller les yeux, mon front reste immobile. Encore trois jours et il me sera impossible de froncer les sourcils. Le miroir me renvoie un haut du visage détendu, sans pattes d’oies. Revers de la médaille, il me faudra bien une semaine pour apprivoiser ces nouvelles sensations. Mes sourires s’arrêtent désormais à la hauteur des pommettes et il m’est impossible d’avoir l’air fâchée!

Le bilan
Dix jours après les injections, rendez-vous avec le médecin pour un bilan et de nouvelles photos. Le traitement a parfaitement réussi. Mon front est lisse et le contour de mes yeux a pris un coup de jeune qui libère mon regard.
Dans un proche avenir toutefois, mes rides vont réapparaître. A moins de répéter l’injection, à raison de deux à trois fois par an, ce qui aurait pour effet d’atrophier les muscles et d’empêcher ainsi la formation de nouvelles rides. «On devient vite dépendant de la toxine botulique», m’a prévenue Mishal Brugger. Une dépendance qui a, malheureusement, son prix (lire encadré)!
L’alternative au traitement est de devenir philosophe. D’abord, pour froncer moins souvent les sourcils, mais aussi pour tenter de trouver du charme dans les traces du temps qui passe…
Claire Houriet Rime