
La dure loi du petit client
Notre tableau comparatif le confirme: plus un client est modeste, plus il devra payer de frais pour la gestion d’un simple compte bancaire.
Il y a dix ans encore, certaines banques offraient généreusement les taxes dues à la gestion d’un compte privé.
Aujourd’hui, pour un client modeste comme M. Money (lire plus bas), ces frais varient entre 30 fr. et 260 fr. Et, comme les intérêts sont au plus bas, ils ne changent guère le résultat, le client devant toujours débourser, en fin de compte, de 27 fr. à 258 fr. dans notre exemple.
La différence est impressionnante! Même si l’on excepte le cas hors norme des deux premiers classés (il faut, pour bénéficier de ces deux comptes, verser une certaine somme d’argent à l’ouverture du compte: 200 fr. à Raiffeisen Suisse, 490 fr. à la Banque Cantonale du Valais), M. Money devra payer huit fois plus à UBS qu’à la Banque Cantonale de Fribourg. Et, même en acceptant le jeu de l’internet (e-banking), la différence reste criante, puisque notre exemple paiera six fois plus, toujours à UBS, qu’à la Banque Cantonale de Genève.
Comment nous avons procédé
L’analyse des frais ponctionnés s’est donc faite à l’aide de M. Money, 38 ans, qui gère son argent à l’aide d’un compte privé. Son avoir moyen à la banque (moyenne annuelle de la somme disponible sur son compte) est faible: 2500 fr.)
Son employeur lui verse ses revenus (5000 fr./mois) sur un compte salaire, gratifié d’un très très petit intérêt (A: voir tableau). Il a une carte Maestro ou une Postcard (B) avec laquelle il fait ses paiements une fois par jour (dimanche inclus) dans divers commerces suisses (C), retire régulièrement de l’argent au bancomat/postomat, mais deux fois par mois aussi dans un bancomat de la concurrence: sur l’année, douze fois dans une banque cantonale, douze fois dans une autre banque suisse (D).
Il s’est également rendu cinq fois au guichet de sa banque: deux fois pour faire un retrait de 500 fr. (E), une fois pour faire un virement de 500 ? de banque à banque pour la France (F), deux fois pour changer l’équivalent de 800 francs suisses en euros (G).
Toutes les fins de mois, M. Money fait ses paiements par courrier (10 écritures mensuelles) (H). Chaque mois aussi, il paie son loyer via un ordre permanent (I) et son assurance maladie par un recouvrement direct (LSV) (J).
Méticulosité
Comme il est très méticuleux, il exige un avis détaillé mensuel qui précise tous les paiements du mois par courrier (K). Certaines de ces opérations sont incluses dans le forfait de gestion (L), mais pas toutes. A la fin du mois d’août 2006, il décide de quitter sa banque (M) et de transférer son argent dans une institution concurrente (N).
Treize banques ont calculé les frais que toutes ces opérations auraient coûté durant la période allant de septembre 2005 à fin août 2006 (O). Nous avons ensuite déduit la somme des maigres intérêts versés à M. Money (P) et ainsi obtenu un total représentant ce qu’il doit payer en fin d’exercice (Q).
Economiser sur la toile
L’autre manière de réduire les coûts est d’utiliser les services de l’e-banking. Cela revient à gérer soi-même son compte via l’internet, en payant ses factures par ce biais et en renonçant aux justificatifs sur un support papier. Pour des raisons de place, nous ne publions que le résultat final (R).
Mais là encore, pour les petits clients comme M. Money, pas de gratuité, les taxes variant entre 16.85 fr. et 141.05 fr. Certaines banques (BCN, BCV, Raiffeisen Suisse privé, Credit Suisse) divisent toutefois les frais par deux par rapport à une gestion normale.
La modestie se paie
En comparant ces résultats à ceux obtenus il y a quelques mois avec un compte nettement mieux fourni (lire TCF 5/2006), il se confirme que plus le client est modeste, plus il va payer de frais. La démonstration est particulièrement criante pour trois grandes banques de notre comparatif, parmi les lanternes rouges dans le tableau ci-dessous, mais qui ne factureront, pour une liste d’opérations pourtant absolument identiques, que 21.45 fr. (UBS) et 41.45 fr. (Credit Suisse et Banque Cantonale Vaudoise) à un client disposant d’un avoir moyen de 15 000 fr.
Christian Chevrolet
Pour télécharger le tableau comparatif des produits, se référer à l'encadré.
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