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Demain, j’arrête l’essence

Peu d’issues sont offertes aux automobilistes suisses dégoûtés du pétrole. Seule une vingtaine de modèles de tourisme peuplent le marché helvétique.

Lassé par la hausse continuelle du prix du plein, par le joug des puissances contrôlant le marché de l’or noir ou par les histoires de particules fines, l’automobiliste aura peut-être envie de bouder l’essence. Mais, à moins de prendre le train ou d’enfourcher un vélo, il est encore difficile de se passer totalement de pétrole.

Quiconque désire conserver un minimum d’indépendance dans ses déplacements et un véhicule à quatre roues n’a aujourd’hui d’autres choix que d’acquérir une voiture électrique. Et, il sera vite fait, car en Suisse la gamme ne comprend qu’une Twingo et une Panda (voir tableau ci-contre). Elles sont petites, chères et offrent une autonomie de 130 km au maximum: autant dire qu’elles ne mèneront pas en vacances à la mer. Elles se prêtent toutefois bien à un usage urbain et quotidien.

Hybride ou gaz naturel
Si l’idée de mettre un peu d’essence dans son réservoir ne rebute pas totalement le conducteur, il peut alors se tourner vers trois, bientôt quatre, véhicules hybrides actuellement disponibles en Suisse ou vers une quinzaine de voitures de tourisme à gaz. Parmi ces dernières, nous en avons retenu trois dans le tableau ci-contre, soit une petite Fiat, une moyenne Opel et une grosse Mercedes (liste complète sur www.vehiculeagaz.ch).

Le capot d’une voiture hybride abrite un moteur à essence et un moteur électrique. L’énergie électrique est fournie par des batteries qui se rechargent en route, lors du freinage, en descente ou pendant le fonctionnement du moteur à explosion. Cette technique limite considérablement la consommation d’essence et l’ATE (Association transport et environnement) classe ainsi la Toyota Prius en tête des voitures écologiques (classement complet sur www.ecomobiliste.ch).

En Suisse, les véhicules à gaz naturel possèdent deux réservoirs, un pour le gaz et l’autre pour l’essence, le moteur fonctionnant avec les deux. Quand la réserve de gaz est épuisée, l’essence prend le relais. Ces voitures écologiques coûtent en moyenne 2000 fr. à 5000 fr. de plus que les modèles comparables à essence ou diesel, mais le carburant est jusqu’à 25% moins cher. «Le problème reste le manque de stations de gaz, surtout en Suisse romande, où on n’en compte qu’une vingtaine pour le moment», explique Susanne Wegmann directrice de e’mobile, Association suisse des véhicules routiers électriques et efficients.

Payer moins de taxes
Cher à l’achat, l’ensemble de ces véhicules coûte, en revanche, meilleur marché à l’usage. Non seulement les dépenses en carburant sont plus faibles, mais bon nombre de cantons accordent une réduction de la taxe de circulation et certaines entreprises gazières offrent des bons sur le carburant et des subventions à l’achat d’un véhicule à gaz (lire Bon à Savoir 03/2006*). Et, selon Erich Schwizer du centre technique du TCS, l’entretien d’un véhicule hybride ou à gaz n’est pas plus onéreux. Quant à la Panda et la Twingo Elettrica, leur batterie ont une durée de vie moyenne de 1000 cycles de chargements, de quoi tenir huit ans d’un usage normal.

L’offre peine à suivre la demande
Plus de 1400 voitures hybrides et environ 750 véhicules à gaz naturel ont été mis en circulation en Suisse l’année dernière, soit un vrai boum pour l’année 2005. Aussi, il n’est pas rare de devoir attendre plus de six mois pour une Prius, voire davantage pour une Lexus hybride.

Pour télécharger le tableau comparatif des produits, se référer à l'encadré.

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