
Voler en connaissance de cause
Prendre l’avion est la façon la plus sûre de voyager. Mais il est quand même utile de savoir à qui on confie son destin...
Le risque de mourir dans un accident est cent fois plus élevé en voiture qu’en avion, et pourtant qui souffre du syndrome de la «peur de la voiture»? Personne, le syndrome n’existe même pas... Il faut donc relativiser d’emblée le risque inhérent au transport aérien, qui est faible.
En principe, on ne choisit pas une compagnie mais... une destination! A partir de là, la palette du voyageur est forcément limitée, notamment par son budget. Or, il faut savoir que les vols charters présentent un potentiel d’accident de 2,74 fois plus élevé que les vols de ligne, sauf en Europe où ils sont aussi sûrs que ces derniers. Les compagnies low cost sont, quant à elles, assimilées aux vols de ligne sous l’angle de la sécurité, car elles utilisent des avions neufs.
Il n’en est pas moins utile de savoir quel est le palmarès de la compagnie à laquelle on va confier sa vie. Les tableaux ci-contre ont été établis à partir des données d’une agence d’information vouée à la sécurité aérienne, AirSafe.com. Le chiffre le plus important est le «taux d’événements fatals» (1re colonne), qui se calcule en divisant la proportion de passagers décédés dans des accidents depuis 1970 par le nombre de vols effectués par la compagnie, exprimé en millions.
Ces statistiques ont donc la mémoire longue, ce qui explique que des compagnies ayant volé depuis vingt-cinq ans sans accidents portent toujours le fardeau de crashes passés...
Dans 70% des cas d’accidents, la cause est une erreur humaine, selon le Bureau d’archives des accidents aéronautiques (BAAA), à Genève. Mais les causes
techniques avoisinent les 20%, et les pratiques actuelles ne sont guère rassurantes: sous la pression commerciale, des compagnies financièrement serrées pratiquent de plus en plus les «vols avec tolérance technique», autrement dit des vols avec des appareils qui présentent des pannes «bénignes» et qui devraient passer en maintenance. Mais qui décide qu’une panne est «bénigne»? En tout cas pas le passager qui paie!
Philippe Barraud
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