
Trouver un emploi sur l’internet
Neuf étudiants de la HEG-VD ont comparé plusieurs bourses virtuelles et sites d’agences de placement.
«Pas mal, mais peuvent mieux faire.» Telle est l’appréciation que les neuf étudiants de la Haute Ecole de gestion (photo) vaudoise pourraient donner aux huit bourses d’emploi virtuelles et cinq sites d’agences de placement retenus dans le cadre de leur étude comparative. Certes, l’essor de ce nouveau moyen d’accéder à l’emploi est fulgurant (lire rubrique ci-contre), mais il n’en reste pas moins balbutiant et ne semble pas encore avoir totalement trouvé ses marques.
Après avoir sélectionné les sites qu’ils passeraient au peigne fin (notamment en demandant à 200 personnes quels sont les noms qui leur venaient spontanément à l’esprit), l’équipe a défini un certain nombre de critères pratiques, qu’elle a résumés (et complétés spécialement pour Tout Compte Fait) dans le tableau ci-contre. Mine de rien, cela représente un véritable travail de bénédictins!
A commencer par le volume de l’offre (nombre d’emplois proposés), que dans l’idéal, le groupe aurait aussi voulu trouver pour chaque canton romand: «Ce n’est pas faute d’avoir essayé, explique Pamela Hintermann. Mais cela n’était possible que sur quelques sites, et nous n’avons pas pu obtenir les informations en amont. Et, même pour la sélection des offres sur le plan national, nous avons été confrontés à des contradictions statistiques qui nous font douter de l’absolue exactitude des chiffres retenus.» Autrement dit: l’offre quantifiée dans le tableau est celle annoncée par les sites, à prendre avec tout le recul nécessaire.
Divers critères
Les neuf limiers se sont ensuite mis dans la peau du chercheur d’emploi et ont testé les facilités qu’il va trouver dans sa quête du Graal:
- qualité des moteurs de recherche (répartition des offres en zones géographiques, en catégories professionnelles, recherche par mot clé, etc.);
- personnalisation de la candidature (possibilité de sortir du formulaire standard, de déposer son CV);
- clause de confidentialité (existence, oui ou non, d’une charte ou de clauses légales assurant la protection des données transmises par les candidats);
- Ils ont enfin repéré les différentes options pratiques offertes par ces mêmes sites:
- alerte e-mail (transmission, dans la messagerie du candidat, des offres d’emploi correspondant à son profil);
- didactique (rubrique de conseils pour mettre toutes les chances de son côté);
- évaluation linguistique (test pour mesurer ses compétences en anglais);
- enquête salariale (comparaison de la situation salariale par rapport à d’autres personnes travaillant dans le même secteur ou à un poste similaire).
Pour télécharger le tableau comparatif des produits, se référer à l'encadré.
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Les grandes entreprises pratiquent presque toutes l’e-recrutement
La presse a perdu sa place de leader en matière de recrutement professionnel. En 1999 pourtant, selon différentes enquêtes citées dans l’étude de l’HEG, elle était encore de loin la source la plus utilisée à cette fin, puisque 50% des demandeurs d’emploi y cherchaient leur bonheur, contre 21% seulement sur l’internet et 15% via une agence de placement. Aujourd’hui, la tendance s’est inversée, puisque le web est deux fois plus utilisé que la presse écrite, à égalité avec… son réseau de connaissances!
Normal: en 2003, 794% des 500 plus grandes entreprises mondiales ont ouvert un site web de recrutement (contre 29% seulement en 1998). Et rien qu’en Suisse, l’offre n’a cessé de s’accroître. Il est vrai que, pour les employeurs, le système est nettement plus rapide, convivial et surtout économique. Selon Didier Gasser, responsable des ressources humaines à l’Etat de Vaud, depuis que son administration utilise l’internet pour ses offres d’emploi (certaines passent même exclusivement par ce biais et la FAO), le canton a économisé 65% du budget réservé à cet effet!

