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Le prix de la bonne conduite

Passer son permis de conduire coûte cher: de 2200 fr. à 2500 fr. en moyenne, en incluant une vingtaine d’heures de cours.

Passer son permis de conduire tient autant du jeu de piste que du parcours du combattant. Joëlle Minacci, de Corseaux (Vaud), en sait quelque chose: «J’ai fêté mes 18 ans en octobre passé. Il m’a fallu un bon mois pour réunir tous les documents néces-saires. J’ai passé mon examen théorique au début de décembre. Et, depuis Noël, j’apprends à conduire aux côtés de mon grand-père et de mon prof d’auto-école. C’est plus long que prévu, car j’ai déjà échoué deux fois à l’examen pratique.»

La première étape – remplir la demande de permis d’élève conducteur – peut prendre un certain temps et exige déjà de sortir le porte-monnaie, car il faut joindre:

  • une confirmation de son identité par le Contrôle des habitants. Le tarif est variable selon les communes, en général de 10 fr. à 15 fr. (voir lettre A du récapitulatif des comptes dans le tableau ci-contre);
  • une validation de l’examen de la vue fournie par un oculiste, ou plus simplement par un opticien agréé (B). Le prix reste souvent dans une fourchette comprise entre 15 fr. et 20 fr.;
  • une attestation de premiers secours, obtenue auprès de l’une des sections de samaritains de n’importe quel canton (C). Leurs tarifs vont de 99 fr. à 160 fr.

Mais Joëlle n’a pas eu à dépenser un seul centime pour ce dernier document: «En 9e année d’école, j’ai eu la possibilité de suivre un cours de sauveteur gratuitement.» L’attestation étant valable pendant six ans, Joëlle a eu raison de sauter sur une telle occasion.

Le prix global de cette première étape administrative (D) varie donc de 134 fr. dans le canton de Genève à 195 fr. en territoire vaudois.

Le passage obligé de la théorie
Les plus pressés peuvent démarrer leur phase de théorie un mois avant leur dix-huitième anniversaire. Certaines administrations cantonales proposent un livre d’examen théorique au prix de 13 fr. (E), mais il ne contient que les règles de la circulation. D’autres supports existent sur le marché, notamment des CD-ROM.

Si l’élève conducteur peut faire l’impasse sur les cours théoriques, il ne coupe pas à des cours dits de sensibilisation (F). Pendant huit heures – obligatoires selon la loi – il passera en revue les principaux pièges à éviter ainsi que des règles de base sur des sujets aussi divers que la sécurité, la physique ou l’écologie. Le prix varie du simple au triple entre les cantons (80 fr. à Genève et 250 fr. près de Bienne) et diffère aussi très fortement au sein d’une même région. Reste que les prestations ne sont pas toujours comparables, certains moniteurs proposant des cours très bon marché, mais d’une durée moindre.

L’apprenti conducteur est enfin paré pour passer son examen théorique (G), qui va lui coûter entre 40 fr. et 80 fr. S’il est à sec, l’échec ne lui est pas permis: Genève est le seul canton romand qui intègre dans son prix trois tentatives à l’examen théorique. Pour les autres, il faut repasser à la caisse, au mieux partiellement, au pire totalement.
La théorie dans son ensemble (H) se paie du simple au double selon le lieu de domicile: de 150 fr. à Genève à 296 fr. dans le chef-lieu du Jura.

La réussite de l’examen théorique permet enfin à l’apprenti conducteur d’accéder au sésame tant attendu pour partir sur la route: le permis d’élève conducteur (I). Son prix varie entre 30 fr. et 100 fr. selon les cantons, mais recouvre plus ou moins de prestations (le montant de 100 fr. que Genève prélève comprend par exemple le coût du permis de conduire définitif).

En route avec la pratique
La facture grimpe encore quand on se présente à l’examen (J): entre 90 fr. et 132 fr. (220 fr. à Fribourg, mais parce qu’il comprend plusieurs autres éléments), et chaque nouvelle tentative pèse sur le budget. «Et, avec ce montant, vous ne comptez pas le tarif horaire du moniteur d’auto-école qui vous accompagne, commente Joëlle Minacci. Moi, j’ai dû payer 264 fr. pour les trois heures qu’il m’a consacrées lors de chaque examen.»

La réussite entraîne le paiement du permis de conduire définitif (K), où le porte-monnaie du jeune conducteur se vide encore d’une cinquantaine de francs.

Triompher de la pratique (L) lui coûte donc de 200 fr. à 272 fr. Dès lors, si le candidat ne prend aucune leçon avec un moniteur, il lui est théoriquement possible de passer son permis de conduire (M) pour un montant variant entre 504 fr. à Genève et 727 fr. dans le canton de Berne.

Mais soyons réalistes: les chiffres sont tout autres en réalité. Car, en plus de ce qui précède, la grande majorité des jeunes programment une vingtaine d’heures aux côtés d’un professeur (N), selon l’avis d’André Etter, moniteur d’auto-école à Montreux. «C’est évidemment une moyenne, pour un élève qui peut pratiquer en dehors des leçons. Mais je ne vois qu’une minorité de mes apprentis conducteurs réussir leur permis avec moins de dix heures de cours.»

En fait, il faut souvent acquérir entre six mois et une année d’expérience avant de se sentir suffisamment à l’aise pour se présenter à l’examen. L’addition finale est donc généralement salée: entre 80 fr. et 90 fr. pour des horaires moyens qui vont de quarante-cinq à soixante minutes suivant les moniteurs, donc de 1700 fr. à 1800 fr. pour vingt heures de cours.

Conclusion: il faut compter avec un budget global (O) de 2200 fr. à 2500 fr.

Dominique Choffat

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