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Etudier à bon compte

Davantage d’intérêts, moins de frais de gestion: les comptes bancaires pour étudiants sont avantageux, sauf s’ils virent au rouge.

Légalement majeurs, donc responsables de leurs biens et de leurs dettes, les étudiants n’ont en principe pas de revenu fixe. Les banques ne les boudent pas pour autant. Elles déroulent au contraire le tapis rouge pour les avocats, chirurgiens et cadres de demain en leur proposant des comptes sur mesure (voir tableau).

Pour y avoir droit, il faut être âgé de 18 à 30 ans (35 ans à la Banque Cantonale du Valais) et suivre des études supérieures. Les taux d’épargne des comptes «Formation» sont plus élevés que ceux proposés aux salariés. Pas question toutefois de servir de banque à toute la famille: cette rémunération est plafonnée à des montants variant entre 5000 fr. (BCVs) à 500 000 fr. (Credit Suisse). Elle varie à partir de là entre 0.125% et 0.5%, comme un compte standard. Les banques font de plus cadeau des frais de gestion courants (relevés mensuels), de la carte Maestro et, parfois même, de la carte de crédit.

Gare aux chiffres rouges!
La loi sur le crédit à la consommation (LCC) interdit de prêter de l’argent à des personnes sans revenu. Les banques cantonales (sauf celle du Valais) déclarent donc ne pas autoriser de découvert sur les comptes «Formation». Les limites de retrait, fixées en fonction des rentrées financières (bourse, petits jobs ou soutien des parents) varient en conséquence entre 1000 fr. et 2000 fr. par mois.

Attention toutefois: comme la carte Maestro permet de retirer jusqu’à 1000 fr. par jour dans les bancomats de la concurrence, l’étudiant peut tout de même se retrouver avec un solde négatif. Celui-ci sera alors taxé à des taux variant entre 9% et 11% dans les banques cantonales (sauf celle du Valais encore), comme n’importe quel compte. Quant à la limite des cartes de crédit, elle varie entre 1000 fr. et 3000 fr. par mois, selon la banque et les apports d’argent sur le compte.

Les grandes banques se montrent plus tolérantes dans l’interprétation de la LCC. UBS accepte des dépassements «raisonnables» pour autant que la situation personnelle et la convention passée avec la banque le permettent. Credit Suisse tolère pour sa part des soldes négatifs temporaires et fixe également une limite de découvert individuelle. Cette souplesse ne se traduit toutefois pas dans la fixation du taux en cas de découvert, plus élevé qu’ailleurs dans ces deux banques.

Crédit de formation en Valais
La BCVs fait bande à part en accordant officiellement un crédit de formation aux étudiants qui en font la demande. «Nos juristes estiment que le financement des études n’est pas un bien de consommation», explique le porte-parole Jean-Yves Pannatier. Après avoir établi un budget précis avec l’étudiant, la banque lui octroie un crédit échelonné sur toute la durée des études à un taux préférentiel de 4.5%. De son côté, l’étudiant s’engage à rencontrer régulièrement un conseiller bancaire. Il aura cinq ans dès la fin de ses études pour rembourser ce crédit qui peut atteindre 15 000 fr. par an.
Claire Houriet Rime

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