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Bricolage: des prix en dents de scie

Dans les grands commerces de bricolage, les renseignements sur les produits sont souvent lacunaires, et les prix très variables – sauf lorsqu’ils sont… étrangement semblables.

Tout le monde connaît la prise électrique normalisée suisse: un objet de plastique carré blanc percé de trois trous. Sans chichi, intemporel, durable.

Les prises électriques sont des articles de masse. Pourtant, les prix varient de manière considérable entre les cinq grands distributeurs d’articles de construction et de bricolage. Hornbach vend 13,50 fr. une prise triple fabriquée à Glaris chez Electro Mica, tandis que Obi offre le même modèle pour 18,50 fr. Jumbo propose une prise triple à 13,85 fr., alors que Coop vend un modèle comparable (de marque Amacher) pour 18,70 fr. Dans les deux cas, la différence est de quelque 37% pour un produit identique.

Notre comparaison des prix dans les cinq grands du hobby en Suisse révèle d’autres différences de prix inexplicables (voir tableau). Par exemple, chez Hornbach, un kilo de clous coûte 2,75 fr., tandis que, chez Obi, il faut débourser 7,60 fr. pour la même quantité.
«La comparaison est problématique», proteste-t-on à la direction du centre Obi (qui dépend du groupe Migros), car le prix est fortement influencé par la taille de l’emballage. Nous aurions ainsi comparé un emballage de 1,5 kg avec un autre de 1 kg. Il n’en demeure pas moins que, chez Hornbach, on achète la quantité de clous qu’on veut au prix minimal de 2,45 fr. le kilo. Le client peut en effet se procurer clous, vis et boulons au poids, comme des fruits et légumes, les peser et les emballer.

Prix libres ou pas?
Beaucoup de prix présentent des écarts importants, mais d’autres sont étrangement proches. Prenons par exemple le prix des machines Bosch. Quatre des cinq commerces pratiquent presque exactement les mêmes prix. A part Hornbach.

Ceux-ci résultent-ils d’une entente ou sont-ils dictés par l’importateur? «Nous sommes libres de fixer nos prix, dit Urs Jordi, chef des 69 Bau & Hobby de Coop, mais Bosch apprécie que les recommandations de prix soient respectées.»

Approché, Patrik Ducrey, de la Commission de la concurrence, remarque que «si les recommandations de prix sont respectées, cela équivaut à une entente sur les prix et empêche donc la concurrence. Ce qui n’est pas admissible selon la loi sur les cartels.»
Coop commercialise un assortiment important de bois certifié FSC. Ce label garantit une production respectueuse de l’environnement. Fait remarquable, à Coop, aucun produit n’est proposé sans étiquette ni informations.

Le cauchemar des étiquettes
L’enfant terrible du groupe des cinq, c’est Obi. Nombre d’articles sont étiquetés de manière incorrecte, ou pas du tout. Souvent manquent les indications de poids et de mesures ainsi que des données qualitatives, telles que le label FSC pour le bois. Et, si le client a besoin d’un renseignement ou d’un conseil, il lui faudra attendre dix minutes, ou davantage.
Andreas Valda, K-Geld/phb

Pour télécharger le tableau comparatif des produits, se référer à l'encadré.

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