
50 fonds de placement: les meilleurs fonds pour votre épargne
Les bonnes affaires, c’est à l’Est! L’Europe centrale et la Russie continuent à faire flamber les performances.
Tout Compte Fait vous propose, tous les trimestres, une sélection des cinq meilleurs fonds de placement dans les dix principaux secteurs économiques. Cette formule est en effet plus lisible, et surtout plus utilisable qu’une longue liste de fonds, obscure pour le profane.
Tous les fonds figurant dans nos tableaux sont négociables en Suisse. Afin de faciliter votre navigation dans leur nomenclature colorée et compliquée, nous avons décidé d’adjoindre leur numéro ISIN, leur «carte d’identité». En effet, plusieurs fonds existent en plusieurs variantes (A, B, C), selon qu’ils sont destinés aux investisseurs institutionnels (caisses de pension par exemple) ou particuliers. Malgré ces variantes de dénomination, pour le client comme pour le gérant du fonds, la structure du fonds reste la même, précise la porte-parole de WestAM Asset Managment à Luxembourg. Seuls les frais peuvent différer.
Nous indiquons les performances à un an et à trois ans, annualisées dans ce dernier cas. Exemple: le Fonds ADIG Fund European Emerging Market Equity P a réalisé en trois ans une performance de 96%. Annualisée, celle-ci s’élève à 25.32%.
Pour s’assurer de la notation qualitative des fonds qui vous tentent, vous pouvez consulter gratuitement les banques en ligne et les agences d’information (par exemple www.morningstar.fr ou .ch ou www. swissquote.ch).
Europe de l’Est:
des rendements de 25%
Les investisseurs qui ont placé de l’argent sur des fonds en actions des pays d’Europe de l’Est ont engrangé des rendements de rêve – jusqu’à 25% par année. Cette région demeure l’une des plus attractives, du fait de l’adaptation des conditions économiques des nouveaux membres de l’UE à celles des pays Ouest européens, en particulier la baisse des taux d’intérêts. Le principal moteur de croissance est la Russie, ce qui a fait grimper jusqu’à 50% la part des actifs russes dans les fonds. Le meilleur fonds de cette catégorie, qui n’a pas suivi ce «trend» puisque la part russe reste à 20%, est le Templeton Eastern Europe.
Asie hors Japon: croissance forte
Le monde asiatique se profile de plus en plus comme une région à croissance forte, avec la Chine comme locomotive. En 2004, la croissance dans le secteur Asie hors Japon a atteint 7%. Pour 2005, on table sur 5%. Le champion de la catégorie est le Fonds AXA Pacific Ex-Japan Small Caps, qui investit principalement en Australie, à Hong-Kong et à Singapour. Ce fonds a pu tirer un profit supplémentaire de son orientation sur les valeurs secondaires, qui ont surperformé.
Immofonds: gare au grand écart!
Comme lors du classement de l’année passée, deux fonds romands caracolent en tête: Fir Fonds Immobilier Romand et Solvalor 61 – deux fonds qui se concentrent sur la Suisse occidentale, et surtout la région lémanique. Les dernières années ont été marquées par une forte demande en biens immobiliers, ce qui a provoqué une surévaluation des prix, et donc un écart croissant entre la valeur boursière et la valeur d’inventaire des immeubles. L’écart moyen atteint actuellement 25%. Il était à 21% il y a un an seulement et à moins de 10% il y a dix ans! Cette survalorisation est un facteur de risque potentiel, de même qu’une hausse des taux. L’évolution des dernières semaines, qui laisse prévoir une hausse des taux, l’indique très clairement.
Marchés émergents: dopés
par les matières premières
Les marchés émergents, dits aussi pays en croissance, sont des pays dans lesquels le revenu par habitant ne dépasse pas 9656 dollars. A titre de comparaison, en Suisse, ce revenu atteint 47 000 dollars. On distingue trois régions importantes: l’Amérique latine, l’Asie et l’Europe centrale – région dans laquelle on inclut la Russie, la Turquie et l’Afrique du Sud. Les marchés émergents se développent de manière extrêmement positive. L’impulsion a été donnée par le boom des matières premières, dont ils profitent. Ces pays sont encore considérés comme bon marché, ce qui plaide en faveur d’un «trend» durable. Malgré le potentiel de développement élevé de ces pays, on considère les marchés émergents comme présentant un risque plus élevé.
Marchés secondaires européens: croissance en deux phases
Les meilleurs fonds ont produit des rendements en deux phases pendant les trois dernières années. Spécialement depuis la période de croissance qui a commencé en mars 2003, les valeurs secondaires ont pu se démarquer clairement des grandes sociétés. La raison en était une valorisation basse, et donc un potentiel de croissance des cours élevé pour beaucoup de petites valeurs. Certes, généralement les cours des valeurs secondaires oscillent davantage, et le facteur risque est plus élevé. A cela s’ajoute le fait que les volumes de transactions sont parfois faibles. Lorsqu’il y a peu de vendeurs et peu d’acheteurs, les cours fluctuent plus fortement.
Europe: des rendements globalement positifs
Tous les fonds se développent de manière positive, après une période de résultats globalement négatifs. Les meilleurs fonds de 2003 ont conservé leur avantage en 2004. Leur succès s’explique par des stratégies différenciées. Du fait que les valeurs secondaires se sont un peu mieux comportées que les blue chips, certains fonds ont investi en partie dans de petites et moyennes entreprises – avec succès, comme le Fonds Carmignac Grande Europe. Il se pourrait bien que, pour la première année de son admission en Suisse, ce fonds se hisse aux premiers rangs, aux côtés du Fonds Ofima Cible.
Suisse: merci aux valeurs secondaires!
Au terme d’une période de trois ans, les fonds en actions suisses ont compensé les pertes élevées du début. Pourtant, peu de fonds se sont inscrits en positif durant cette période. Les plus résistantes ont été les valeurs secondaires. On en a l’illustration dans le classement des fonds: ceux qui ont été gérés de manière active et qui ont investi dans de petites valeurs se hissent au sommet du tableau, tels Unigest Swiss Minimum Variance. IAM Swiss Equities a créé la surprise, revenu de loin pour se classer dans les premières places. Il a obtenu un rendement honnête malgré de faibles fluctuations de cours. Globalement, un quart des fonds de cette catégorie a réalisé une performance supérieure à l’index.
Pharma: la percée de la biotech
Le secteur pharma et biotech n’a profité que de manière limitée de la forte croissance des actions en 2003. Le domaine des biotechnologies a particulièrement souffert. Après une valorisation très élevée de fin 2001 à fin 2002, une brutale correction, d’environ 45%, est intervenue. Cela se voit bien dans le tableau. D’une manière générale, le secteur pharma et biotech est un marché en croissance, dont la part va augmenter proportionnellement au vieillissement de la population.
Finance: les effets de la faiblesse du dollar
Il est surprenant que, pendant les trois années écoulées, sur les 32 fonds de cette branche, seuls trois aient franchi l’indice de référence, le MSCI World Financials. Et c’est parmi eux qu’on trouve ceux qui, il y a un an, occupaient le haut du classement: le Fonds Goldman Sachs Global Financial Services et le MLIIF World Financials. L’explication est à rechercher dans la grande diversité de cette catégorie de fonds qui, à côté des banques et des compagnies d’assurances, rassemble aussi des sociétés d’investissement et des titres immobiliers. La branche financière se rattache aux secteurs globalement les plus importants. On le voit dans le fait que les valeurs financières, rapportées à la capitalisation, représentent un quart de l’indice mondial des actions, le MSCI World. Et de celles-ci, 50% proviennent des Etats-Unis. Pour l’investisseur suisse, la baisse du dollar a influencé négativement les rendements. Reste à savoir maintenant si les valeurs financières vont pouvoir résister dans un contexte prévisible de taux d’intérêts en hausse.
Obligations en francs: favorisées par les taux bas
Le climat des fonds d’obligations en francs a été bon durant les trois dernières années. Le taux d’intérêts des effets publics est descendu, depuis septembre, de 3.2% à 2.5%, et la solvabilité des débiteurs s’est nettement améliorée pendant la phase de redressement. Ces deux facteurs sont décisifs pour l’évolution des cours des obligations. Les plus gros gains sont venus de fonds qui détiennent des placements à long terme, dans la mesure où les longues échéances réagissent mieux aux changements de taux. A l’avenir, les fonds qui s’en tireront le mieux sont ceux qui disposeront d’une politique d’investissement souple, tout en tenant compte de la qualité des débiteurs et de la durée. Tôt ou tard, les taux vont remonter. Lorsque, en 1999, les taux ont grimpé en une année de 2.25% à 4.2%, d’énormes pertes ont été enregistrées (jusqu’à 7%).
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