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Parier sur les marchés émergents

Gros rendements, risques en diminution: les économies qui montent attirent les investisseurs.

Les marchés émergents pètent le feu. L’expression est un brin vulgaire, mais elle traduit bien la réalité: sur les marchés boursiers, les actions de pays jusqu’ici négligés de la part des investisseurs, par désintérêt ou par peur du risque, réalisent des performances impressionnantes et offrent donc des rendements alléchants.

On le voit en examinant les résultats des fonds de placement les plus rémunérateurs du moment, hors monde occidental: sur les dix premiers, sept travaillent sur les marchés émergents (voir tableau), essentiellement d’Europe de l’Est. Et, sur trois ans, trois d’entre eux réalisent une performance de plus de 100%.

Mais que sont, au juste, les marchés émergents? Ce sont des régions dont le produit intérieur brut (PIB) est encore bas, mais en forte croissance (Amérique latine, Asie du Sud-Ouest, Europe de l’Est, Afrique). En 2003 et 2004, ce furent la Chine, l’Inde, la République tchèque et la Hongrie.

Aujourd’hui, hors d’Europe, l’Inde, la Chine et les «dragons» asiatiques demeurent très attractifs, avec une mention spéciale pour Taiwan, l’Indonésie et la Corée du Sud en 2005. Et, en Amérique latine, le Brésil fait figure de favori (suivi par le Mexique et le Chili), car il a acquis une certaine stabilité politique, favorable à l’investissement étranger, tout en développant massivement ses exportations vers la Chine.

Performances stellaires
Les conditions particulières de ces économies, très différentes de celle de l’Ouest, leur permettent de réaliser des «performances stellaires», selon l’expression de Roland Duss, analyste chez Ferrier Lullin: population jeune et donc réservoir de main-d’œuvre bon marché, rendement élevé du capital, devises sous-évaluées, potentiel boursier fort, imposition des sociétés favorable, autant d’éléments qui donnent l’opportunité à ces régions de se développer de manière énergique. Pour l’Europe de l’Est spécifiquement, il faut y ajouter un important afflux de capitaux en provenance de l’Ouest ainsi que des délocalisations en masse.

Comment investir?
L’investissement dans les pays émergents doit être envisagé comme une diversification. Les plus prudents parlent de 10% du portefeuille au maximum, mais, selon les objectifs de l’investisseur, cette part peut aller au-delà, chacun prenant ses risques.
Dans la pratique, il n’est pas commode d’investir directement dans des actions à la Bourse de Taipei ou de Prague… Il est beaucoup plus simple, et moins risqué, d’investir par le biais de fonds de placement. Gérés par des professionnels dans le cadre d’institutions connues et réputées, ceux-ci sélectionnent les actions sur les marchés émergents.

Comme il existe des milliers de fonds de placement, il est difficile de s’y retrouver. La presse publie périodiquement des listes, mais elles ne sont pas complètes et pas toujours utilisables facilement. Le mieux est de se tourner vers les agences spécialisées et de s’intéresser à la cotation qu’elles donnent à chaque fonds. Une des plus connues est la société Morningstar (www.morningstar.fr), dont les «étoiles» font références, et qui a le mérite d’être indépendante. Les fonds obtiennent de zéro à cinq étoiles, celles-ci étant attribuées en fonction du rendement et du facteur de risque, qui est primordial pour l’investisseur. En outre, chaque fonds fait l’objet d’une fiche détaillée. Cette aide à la décision est fort utile pour l’investisseur qui, de toute manière, ne devrait jamais s’en remettre aveuglément à son banquier…

Philippe Barraud,
avec Roland Bron, VZ VermögensZentrum Lausanne

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