
Amortir un diesel: entre neuf mois et dix ans…
Les voitures diesels ont le vent en poupe. Elles consomment certes moins de carburant, mais coûtent-elles vraiment moins cher?
La part des automobiles roulant au diesel sur le total des nouvelles immatriculations a passé de 17.6% à 24.5% ces cinq dernières années. Et, sur les 186 300 véhicules vendus ces douze derniers mois, 45 800 étaient des voitures diesels.
Les coûts d’exploitation du véhicule jouent certainement un grand rôle dans ce succès. En effet, si une voiture diesel coûte plus cher à l’achat et à l’entretien qu’un modèle à essence équivalent, elle consomme ensuite entre 20% et 30% de carburant en moins.
A moyen ou long terme, l’économie réalisée sur les frais à la colonne devrait donc permettre d’amortir l’investissement supplémentaire à l’achat. D’après l’Union professionnelle suisse de l’automobile, il faut cependant compter cinq ans pour compenser l’achat d’un moteur diesel si on roule 13 500 km par an, un peu moins longtemps si davantage.
Le Touring Club suisse estime de son côté que, pour un automobiliste roulant 15 000 km par an, un véhicule diesel neuf est rentable s’il permet d’économiser au moins 1.5 l/100 km de carburant pour un investissement supplémentaire de 1000 fr. à l’achat.
Accélération identique pour une puissance moindre
Voilà pour les estimations. Mais, pour connaître le coût réel d’un véhicule, la meilleure solution est de calculer précisément son prix d’achat et son coût en carburant sur la durée. Nous avons donc comparé ces chiffres pour les modèles diesel les plus courants en Suisse (voir tableau) à ceux de modèles à essence aux performances les plus proches possibles, en tenant compte des spécificités propres à chaque type de motorisation: «Un diesel a besoin de 10% à 20% de chevaux en moins que son équivalent à essence pour arriver à la même accélération», relève à ce propos Erich Schwizer, expert en technique et environnement au TCS.
Nous avons retenu la distance moyenne parcourue par une automobile en Suisse, soit 15 000 km/an. Le calcul du coût du carburant est, quant à lui, fondé sur un tarif de 1,40 fr./l pour l’essence sans-plomb 95 et de 1,43 fr. pour le diesel, ce qui correspond aux prix moyens relevés durant la période de janvier à septembre 2004.
Vingt ans pour amortir l’Opel Zafira
Au final, le diesel ne sort pas toujours gagnant de cette comparaison, même si le temps nécessaire à l’amortissement varie considérablement selon les modèles. L’affaire est visiblement intéressante pour une BMW de la série 3, puisqu’elle sera plus avantageuse que son équivalent à essence après 11 550 km déjà, soit un peu plus de neuf mois. En revanche, il faudrait parcourir 309 000 km avec l’Opel Zafira pour amortir le supplément de prix du moteur diesel! Autant dire que ce ne sera jamais le cas… Et le surcoût de la VW Passat TDI, modèle diesel préféré des Suisses, sera amorti en deux fois moins de temps, mais plus de dix ans quand même.
Pirmin Schilliger/ch
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Bilan écologique: la propreté n’est pas encore au rendez-vous
Le bilan écologique des moteurs diesels standard n’est pas fameux. Car, s’ils consomment moins de carburant, réduisant ainsi de 10% à 15% la production de CO2, ils émettent trois fois plus d’oxyde d’azote que leurs homologues à essence, contribuant largement à la formation d’ozone au sol. Ils rejettent aussi de 100 à 1000 fois plus de particules de suie, très cancérigènes.
La plupart des fabricants équipent donc, moyennant supplément, certains modèles de filtres à particules. Cet élément joue un rôle non négligeable dans notre calcul de rentabilité. Dans le cas de la Mercedes E-220, par exemple, il faut compter 870 fr. de plus pour doter sa voiture d’un tel filtre. Ce supplément fait grimper à 87 000 kilomètres la distance nécessaire pour rentabiliser l’investissement de départ, alors que 45 000 kilomètres suffisent à amortir le modèle diesel standard. Les normes de protection de l’environnement devenant toujours plus sévères, les filtres à particules devraient toutefois faire partie de l’équipement de base dans un proche avenir.
Les fabricants ont également trouvé une parade technique au deuxième point faible des moteurs diesels, à savoir les importantes émissions d’oxyde d’azote (NOx). Au printemps 2004, Toyota a équipé l’Avensis D4D d’un catalyseur Denox (Diesel Particulate NOx Reduction System), réduisant drastiquement les émissions de particules et d’oxyde d’azote. Sur le plan écologique, ce modèle dame désormais le pion aux moteurs à essence traditionnels. Mais gare aux faux espoirs: il faudra malheureusement des années pour que les fabricants proposent des modèles standard atteignant un tel niveau de propreté…

