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Pas de miracle, même avec les «Total Return»

Les Total (ou Absolute) Return Funds sont supposés rapporter des revenus même en cas d’effondrement boursier. La preuve reste à faire.

Un bon fonds n’est-il qu’un placement supérieur à l’indice auquel il correspond? Certainement pas, répond Beat Wittmann, spécialiste de la Banque Clariden pour les produits financiers, surtout s’il perd 30% de sa valeur à cause d’un crash boursier! Selon lui, peu importent les critères utilisés: «Les investisseurs n’attendent qu’une chose de leur gestionnaire de fortune: que leurs biens dégagent des revenus. Et cela, indépendamment de la situation du marché…»

Pour lui et de nombreux autres spécialistes, il faut donc cesser de comparer un fonds à un indice donné (par exemple au SMI), mais laisser les mains libres au management du fonds dans ses décisions d’investissement, dans le calme, loin des humeurs de la Bourse, et si possible sans subir de pertes.

Le produit miracle existe-t-il?

Oui, selon certains stratèges du marketing. Il s’appellerait Total Return et Absolute Return, des mots qui évoquent une sécurité accrue et des rendements satisfaisants, et sonnant mieux que «rendements positifs absolus», «maintien du capital» ou «stratégie d’investissement alternative».

Manifestement, cette formule a répondu à l’attente des investisseurs, déstabilisés par la récente mais longue crise des actions. En l’espace de quelques mois en effet, ces nouveaux produits financiers ont drainé des milliards de francs. Toutefois, lorsqu’on interroge dix sociétés gérant des fonds sur ce qu’elles entendent exactement pas Absolute et Total Return, on obtient dix réponses différentes! Du moins peut-on reconnaître les modèles suivants – sans préjuger de leur valeur ultime.

  • Total Return – Dans cette variante offensive, le gestionnaire du fonds pondère la part des actions, obligations et produits dérivés en fonction d’une évaluation permanente du marché. Ce qui exige une politique d’investissement extrêmement active. Pour Dirk Schmelzer, spécialiste en fonds chez VZ VermögensZentrum, à Zurich, ce n’est pas un défaut, au contraire: «C’est ce qui rend ces fonds aussi attractifs pour le petit investisseur. En achetant un fonds, il s’offre parallèlement un mandat de gestionnaire de fortune!»

L’investisseur n’a donc pas à décider d’une stratégie d’investissement déterminée. Dans la mesure où l’on table sur un rendement si possible important, un sécurité élevée et une liquidité maximale, la direction du fonds prend ses décisions au fur et à mesure, sur la base de son analyse permanente du marché. «Cela fait des fonds Total Return une solution parfaite – du moins en théorie», commente Dirk Schmelzer.

  • Absolute Return – De caractère défensif, cette variante vise surtout à maintenir l’intégrité du capital. Mais ce n’est qu’une déclaration d’intention. Contrairement aux Floor Funds et autres fonds à garantie, le capital n’est en fait pas vraiment garanti. Toutefois, comme sa préservation est une priorité, ces fonds investissent massivement dans des obligations à taux fixe, plutôt sûres.

Beaucoup d’avantagesmais des frais élevés

Malgré ces avantages, la stratégie Total/

Absolute Return ne répond pas à tous les besoins d’investissement. Quatre aspects critiques peuvent être mis en évidence.

  • Le risque – Le niveau de risque que comporte un fonds Total Return évolue en fonction de l’évaluation du marché. Et il existe, quoi qu’on en dise.
  • La transparence – L’investisseur ne saura dans quels types de placement un fonds a été investi qu’a posteriori.
  • L’activité – Le fonds est-il géré de manière active? On ne peut l’évaluer que sur la base des données fournies…
  • Le maintien du capital – Il faudra deux ans pour savoir si cet objectif était davantage qu’une déclaration d’intention. Pour le spécialiste Dirk Schmelzer, «la preuve n’est pas encore faite que les fonds Total Return tiendront leurs promesses».

Voilà pourquoi les solutions Total Return sont présentées à la clientèle sur le ton le plus élogieux. Voilà pourquoi aussi on oublie volontiers de donner des informations sur leurs coûts élevés, les droits liés au rendement et l’absence de garantie du capital.

A cela s’ajoute que les différences entre les fonds sont parfois énormes: malgré des structures apparemment semblables, aucun ne se développe comme les autres. De sorte que le client a bien de la peine à se faire une image claire de ce qu’il vient d’acheter…

Martin Vetterli/phb

Pour télécharger le tableau comparatif des produits, se référer à l'encadré.

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