
Quatre béquilles contre l’impuissance
Le succès colossal du Viagra a secoué l’industrie pharmaceutique. Aujourd’hui, plusieurs substances concurrentes partent à l’assaut de ce marché milliardaire.
En Suisse seulement, Pfizer réalise un chiffre d’affaires de 24 millions de francs avec le Viagra. A l’échelle mondiale, la firme atteint les 2 milliards. Ces chiffres ont alléché d’autres sociétés pharmaceutiques. L’américain Abbott a lancé sur le marché sa préparation Uprima, disponible depuis mars 2002 dans notre pays. Contrairement au Viagra et à ses deux concurrents, Levitra (Bayer) et Cialis (Eli Lilly), Uprima n’agit pas sur les vaisseaux sanguins du pénis pour permettre l’afflux du sang dans le corps caverneux, mais au niveau des centres sexuels du cerveau. Il est indiqué en cas de troubles érectiles d’origine psychologique.
Tous ces médicaments provoquent une érection dite «naturelle», en ce sens qu’ils ne déploient leurs effets qu’en présence d’une stimulation sexuelle. Il en va différemment avec deux autres méthodes courantes, plus invasives et qui déclenchent une érection même sans désir: l’injection directe de prostaglandine dans le pénis (Caverject DC) ou l’application de la même substance dans l’urètre (Muse).
Chercher la cause du problème
Les spécialistes observent que de nombreux hommes se contentent de régler leurs problèmes d’impuissance avec ces médicaments (qui ne sont délivrés que sur prescription médicale), sans se soucier de connaître les causes profondes de leurs difficultés érectiles. Or, pour Dieter Hauri, directeur de la clinique d’urologie de l’Hôpital universitaire de Zurich, les hommes ne devraient pas prendre ces problèmes à la légère et simplement les «résoudre» avec du Viagra ou ses semblables. En effet, de tels troubles sont souvent révélateurs de maladies cardiovasculaires, qui peuvent dégénérer en infarctus. Les hommes les plus exposés sont les fumeurs et ceux qui ont une pression ou un taux de cholestérol élevés.
D’autres affections peuvent provoquer des troubles érectiles, telles que le diabète, des déséquilibres hormonaux, la prise de drogues ou de médicaments. Sans oublier les problèmes d’ordre psychique. Une investigation approfondie permet aussi d’aborder d’autres difficultés, pour lesquelles il n’y a pas de médicaments, telles que l’éjaculation précoce ou difficile, l’absence de sensations pendant l’orgasme, voire des douleurs inexplicables.
Gery Schwager/phb
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