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Investir: osez le Japon

Le marché japonais des actions offre des possibilités d’investissement intéressantes. En comparaison internationale, sa progression a été nettement supérieure.

Après plusieurs années de déflation et de repli conjoncturel, les indices d’un retour à la croissance se multiplient au Japon. La hausse des dépenses d’investissement et une consommation croissante appuient largement ce redressement. En termes annualisés, le produit intérieur brut réel a augmenté de 6.1% au cours du premier trimestre, affichant ainsi une progression nettement plus forte que les autres grandes régions industrielles. Un mouvement qui va se confirmer au second trimestre. Quant au taux de chômage, il a baissé à 4.6% en juin, atteignant ainsi son niveau le plus bas depuis plusieurs années.
Le Japon offre donc d’intéressantes possibilités d’investissement sur le marché des actions. Si l’on se base sur l’estimation des bénéfices des entreprises pour les douze prochains mois, on obtient un rapport cours-bénéfices (PE ratio) moyen de 17 environ. C’est une évaluation très favorable comparée aux autres marchés boursiers.

Fonds d’actions: 10%
Le Japon présente toutefois quelques particularités par rapport aux autres marchés: ce sont essentiellement les petites et moyennes entreprises qui devraient profiter de la croissance de la demande intérieure. Il est donc recommandé d’investir dans des fonds japonais spécialisés, axés sur les entreprises opérant sur le marché intérieur. En effet, les firmes tournées vers l’exportation dépendent trop de l’évolution de la Chine et des Etats-Unis, les deux principaux partenaires commerciaux du Japon.

  • Notre conseil: actuellement, vous pouvez placer jusqu’à 10% de votre portefeuille d’actions dans des fonds japonais adéquats.

Laissez tomber les obligations
Le Gouvernement du Japon est sur le point d’engager des réformes essentielles, telles que l’assainissement des mégabanques sur son territoire. C’est un facteur positif. Ces banques ont en effet connu des embarras financiers en raison des multiples crédits non performants qu’elles avaient accordés à l’époque du boom économique national. A la suite de l’intervention étatique, la plupart de ces crédits ont déjà été amortis, au point que le nombre des crédits non performants accordés par les plus grands établissements financiers a été réduit de moitié au cours des deux dernières années.

Sur le plan monétaire, le spectre de la déflation semble donc s’éloigner. En contrepartie, les taux d’intérêt des obligations affichent une hausse nettement plus rapide. Cependant, la situation s’est légèrement détendue depuis juillet, et il n’y a pas lieu de s’attendre à ce que la Banque centrale du Japon relève bientôt les taux directeurs. Son intention est de laisser les intérêts aussi longtemps que possible à zéro, jusqu’à ce que les prix à la consommation enregistrent à nouveau une hausse sensible.

  • Notre conseil: actuellement, ne rien miser sur les obligations japonaises.

La reprise en danger
En dépit des perspectives évidentes qu’offre un engagement au Japon, des risques subsistent. Une dégradation de la conjoncture en Chine ou aux Etats-Unis pourrait freiner la reprise et, si l’économie de ses deux principaux partenaires commerciaux devait enregistrer une perte de vitesse significative, le Japon n’échapperait pas aux conséquences.

Mais ce sont les dettes publiques qui pourraient constituer l’écueil le plus important. Malgré les réformes d’ores et déjà engagées, la situation ne s’améliorera vraisemblablement pas de manière significative dans un proche avenir. Principales raisons: les taux d’imposition relativement bas, le développement démographique et la hausse importante des dépenses sociales qui en découle.

Jusqu’à présent, le Japon était en mesure de se financer de manière avantageuse par l’intermédiaire du marché obligataire. La récente croissance pourrait toutefois provoquer une hausse des intérêts, entraînant ainsi une augmentation des coûts de refinancement. Cependant, ce risque est souvent surestimé. De 1995 à 1996, les intérêts avaient déjà nettement augmenté sans pour autant provoquer des pertes marquantes sur les marchés obligataires.

Roland Bron,
directeur VZ VermögensZentrum Lausanne

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