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Elargissez vos investissements à l’Est

L’élargissement de l’Union européenne (UE) vers les pays de l’Est, depuis le 1er mai dernier, interpelle les investisseurs: quelles sont les opportunités d’investissements dans les 10 nouveaux Etats membres? Petit tour d’horizon.

Depuis le 1er mai 2004, l’UE regroupe 25 pays et, dans les nouveau Etats membres, les investisseurs voient s’ouvrir des opportunités de placements sur les marchés des actions et des obligations. Et pour cause: alors qu’une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1.7% est attendue dans les anciens Etats de l’UE, elle devrait être de 4.5% environ dans les nouveaux.

Les marchés d’actions de l’Europe de l’Est ont d’ailleurs nettement mieux évolué cette année que ceux des anciens Etats de l’UE. Les indices de ces derniers sont tout juste positifs depuis le début de l’année, alors que, dans certains des nouveaux Etats membres, les Bourses ont progressé de plus de 10%. Un autre facteur plaide en faveur des nouveaux pays: le niveau d’évaluation comparativement bas des marchés d’actions. On ignore cependant si les nouveaux Etats réussiront, à l’avenir également, à convertir leur potentiel de croissance en bénéfices accrus au niveau des entreprises.

Dans les Etats de l’Europe de l’Est, la forte croissance du PIB est également à l’origine d’une augmentation des revenus, laquelle devrait faire progresser la demande intérieure. Toute une série de mesures de politique économique et fiscale vient par ailleurs appuyer cette évolution. Des liens plus étroits avec l’Europe de l’Ouest contribueront aussi très certainement à soutenir l’économie des nouveaux Etats membres. Ce sont essentiellement les entreprises des secteurs de la finance, des télécommunications et du pétrole qui ont les meilleures perspectives de plus-values.

Marché des actions:
plus de profits, plus de risques

Le marché des actions en Pologne a progressé de 9% depuis le 1er janvier 2004, ceux de la Hongrie et de la Tchéquie de 21%. Dans l’ancienne UE, ce marché a reculé de 2%. La raison de cette différence est à mettre sur le compte de la forte croissance du PIB des pays de l’Est. En effet, une croissance économique plus soutenue engendre également une plus forte croissance des bénéfices enregistrés par les entreprises, et donc une embellie d’autant plus marquée à la Bourse. En outre, les marchés des actions polonais, hongrois et tchèque n’ont qu’une faible corrélation avec les marchés américain et suisse.

Cela signifie que l’évolution de ces Bourses se fait de façon très différente. Il est donc intéressant d’investir dans ces nouveaux marchés pour mieux diversifier son portefeuille: une chute drastique du cours des actions américaines (ou suisses) ne signifie pas nécessairement le même fléchissement du cours des titres dans les pays de l’Est. Il va de soi enfin que l’investisseur doit également tenir compte de la plus ou moins grande fluctuation des cours des actions. Ces fluctuations sont beaucoup plus importantes dans les pays de l’Est que parmi les Quinze. Cela signifie que les risques pris par l’investisseur sont aussi plus importants.

Marché obligataire:
consulter les experts

Les investisseurs doivent être conscients du fait que le rendement atteint par les obligations est influencé par plusieurs facteurs. Il s’agit notamment:

- Du risque de défaut: c’est le risque de ne pas recevoir les coupons d’intérêts et/ou le remboursement du montant nominal de l’obligation à son échéance.

- Du niveau d’inflation dans le pays émetteur: l’inflation dans les pays de l’Est étant plus forte que dans le reste de l’UE, les taux d’intérêts y sont également plus élevés. Une convergence des taux dans l’ensemble de l’UE signifierait une baisse des taux dans les pays de l’Est. Et qui dit baisse des taux dit aussi hausse du cours des obligations!

- Du taux de change avec le franc suisse: attention, tout investissement en monnaie étrangère implique un risque de change. L’évolution des taux étant difficilement prévisible, il s’agit d’un risque supplémentaire à ne surtout pas négliger. Avant toute décision d’investissement, il faut absolument tenir compte du rating attribué à chaque obligation par les agences de notation, telles que par exemple Moody’s et Standard & Poor’s. Ces organismes s’occupent entre autres d’analyser toutes les opportunités de placements obligataires et attribuent une note à chacune d’elles. Ces notes sont importantes, car elles renseignent les investisseurs sur le degré de fiabilité de l’émetteur de l’emprunt obligataire. Plus la note sera bonne et moins l’investisseur encourra de risque de défaut.

Fonds de placement:
pratiques, mais prudence…

L’entrée de 10 nouveaux Etats dans l’UE ouvre des possibilités d’investissement intéressantes sur le marché des actions et des obligations. Les risques ne doivent cependant pas être sous-estimés, en particulier celui lié au taux de change avec le franc suisse.

En aucun cas la part des investissements dans les pays de l’Est ne doit dépasser celle allouée aux pays industrialisés occidentaux. L’objectif poursuivi doit bien demeurer une diversification accrue du portefeuille de titres, puisqu’il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Pour opérer le meilleur choix entre les actions et les obligations, il est conseillé d’avoir recours à un fonds de placement spécialisé sur ces marchés. Le manager d’un fonds de placements, tout comme son équipe, s’occupe d’identifier les meilleures opportunités de placement dans ces pays. Attention: le choix du fonds de placements lui-même requiert un maximum de prudence. Il est notamment recommandé d’éviter le plus possible les fonds qui investissent en Russie. Ce marché reste encore difficilement prévisible quant aux risques encourus par l’investisseur.

Tibor Gyurusi
Financial Consultant
VZ VermögensZentrum Lausanne

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