
Pour nouer les deux bouts malgré la maladie
Certaines maladies, incurables, empêchent partiellement ou totalement l’exercice d’une profession. L’assurance incapacité de gain privée garantit alors le versement d’une rente.
Une consultation pour un symptôme qu’on croyait bénin peut déboucher sur un cauchemar: la maladie diagnostiquée entraîne l’incapacité d’exercer sa profession. Le patient doit non seulement apprendre à vivre avec le mal, mais encore trouver une solution pour nouer les deux bouts. Il touchera, si son contrat le prévoit, les indemnités journalières de l’assurance perte de gain de son employeur. Une fois ce délai échu, variable selon l’emplo-yeur, il n’aura droit qu’aux prestations de ses 1er et 2e piliers.
Une rente AI complète varie de 1055 fr. à 2110 fr. par mois en fonction du salaire, à quoi s’ajoutent, le cas échéant, les rentes enfants, qui vont de 422 fr. à 844 fr. Quant à la rente de la caisse de pension, elle oscille, en cas d’invalidité complète, entre le quart et la moitié du dernier salaire; s’y ajoute une modeste rente pour ceux qui ont des enfants à charge. Ces montants figurent sur le certificat d’assurance annuel de la caisse de pension.
Si le total de ces deux rentes devait entraîner de trop gros sacrifices par rapport au revenu, il est judicieux de conclure une assurance incapacité de gain privée. Celle-ci garantit une rente supplémentaire en cas de maladie grave entraînant l’invalidité. En général, le contrat de ce type d’assurances court jusqu’à l’âge de la retraite: AVS et caisse de pension prennent alors le relais.
Assurance risque pur
Mais attention, cette assurance ne constitue pas une épargne, c’est une assurance risque pur: si l’assuré est en pleine forme au moment de prendre sa retraite, il ne touchera rien. Elle est en outre aussi prévue pour les personnes devenues invalides à la suite d’un accident. Celles-ci sont toutefois mieux couvertes, puisqu’elles touchent dès le troisième jour les indemnités journalières de la Suva ou d’une assurance privée. Indemnités qui se mueraient en rente à vie si l’incapacité de gain devait se prolonger.
La prime de l’assurance incapacité de gain pour maladie augmente proportionnellement au montant de la rente choisie. Elle dépend de l’âge de l’assuré au moment de conclure la police et de son sexe: à âge égal, les femmes paient entre 25% et 40% de moins que les hommes. Les fumeurs, eux, payeront davantage auprès de certaines compagnies. La profession exercée peut, elle aussi, avoir une influence: deux compagnies majorent les primes de 30% et 70% pour les ouvriers du bâtiment.
Exonération des primes
Toutes les assurances prévoient l’exonération des primes en cas d’invalidité. Dans ce cas, l’assuré n’aura plus à payer ses primes dans un délai de trois mois en général, de deux ans auprès de deux compagnies.
Il faut en outre compter avec un délai de carence de deux ans entre le début de l’incapacité de travail et le versement de la rente. De ce fait, il ne sert plus à rien de payer les primes les deux dernières années précédant la retraite, car aucune prestation ne sera versée en contrepartie. Certaines compagnies ont tenu compte de ce facteur en cessant de percevoir les primes à ce moment.
La rente est fonction du degré d’invalidité: l’assurance ne paie généralement rien si celui-ci est inférieur à 25%. La rente est ensuite proportionnelle au degré d’incapacité: une personne invalide à 40% touchera ainsi les 40% de la rente complète. Elle est en principe versée intégralement dès que ce degré dépasse 66%.
Le tableau ci-dessus montre qu’il vaut la peine de faire jouer la concurrence: la compagnie la plus chère dépasse de 60% la moins chère. Il est enfin possible de conclure également une assurance décès (lire Tout Compte Fait 02/2004), mais mieux vaut demander des offres séparées, afin de profiter de la formule la plus avantageuse dans chaque cas.
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Pour une rente mensuelle de 2000 francs
Pour comparer les tarifs des différentes compagnies, nous avons retenu l’exemple d’un homme de 35 ans, non-fumeur, souhaitant s’assurer le versement d’une rente annuelle constante de 24 000 fr. jusqu’à l’âge de 65 ans en cas d’incapacité de gain.
La colonne «Prime annuelle nette» indique la prime réduite grâce à la participation aux excédents. Ceux-ci résultent de la différence entre les budgets établis par les compagnies et leurs frais effectifs. Dans certaines compagnies, cette réduction n’est accordée que depuis la deuxième année: c’est donc ce chiffre qui a été retenu. Les parts aux excédents ne sont pas garanties: il est donc plus prudent de baser ses calculs sur les montants bruts, sans réduction.
La colonne «Coût actuel du contrat» permet de comparer l’impact financier réel des différentes polices. Elle indique le montant dont il faudrait disposer au moment de signer le contrat si on voulait payer comptant le total des primes brutes. Nous avons escompté les primes de 4% par an en tenant compte des paiements annuels. En effet, si cet argent était placé avec un intérêt de 4%, par exemple pour une prime de 1500 fr., il suffirait de réunir seulement 1442,30 fr. aujourd’hui pour la payer intégralement en 2005. Ce calcul permet de tenir compte du facteur temps, très important dans ce type de police, car le paiement des primes s’échelonne sur des durées différentes (entre vingt cinq et vingt huit ans, selon les compagnies).
La colonne «Garantie sur la prime» indique quelles sont les compagnies qui plafonnent le montant des primes brutes à payer pour toute la durée du contrat: les autres se réservent en effet le droit d’augmenter cette somme.

