
Investir et s’assurer: deux en un!
Investir dans une assurance vie tout en plaçant son argent dans un ou des fonds, c’est possible! Mieux vaut toutefois y réfléchir à deux fois en définissant sa stratégie de placement.
Une assurance vie liée à un ou des fonds de placement est une assurance dite mixte, puisqu’elle couvre à la fois le risque de survie de l’assuré (en lui constituant un capital pour sa retraite) et le risque de décès. Ce type de placement répond donc à plusieurs besoins.
- Une sécurité pour la famille: en cas de décès de la personne qui gagne le revenu principal, une telle assurance permet aux survivants de maintenir le niveau de vie pendant une certaine période.
- Une prévoyance vieillesse: le capital, investi dans des fonds de placement, fait partie intégrante du 3e pilier et permet ainsi de garder une indépendance financière lors de la retraite.
- Une épargne régulière: lorsque les primes sont périodiques (mensuelles, semestrielles ou annuelles), le contrat d’assurance vie en fixe le montant et la fréquence. L’assuré est donc contraint de mettre de l’argent de côté de manière méthodique.
- Une prévoyance en cas d’invalidité: il est également possible, selon les contrats, de couvrir le risque d’incapacité de travail à la suite d’un accident ou d’une maladie.
Pas de garantie du capital en cas de vie
Les assurances vie liées à des fonds investissent l’épargne de l’assuré dans un ou des fonds de placement que ce dernier a sélectionnés. La possibilité de choisir ou de modifier le type de placement qu’on souhaite suivre est un avantage certain, une telle souplesse n’étant pas offerte par une assurance vie classique.
Mais il est alors très important de prendre en compte le profil de l’investisseur et d’établir sur cette base une stratégie de placements en fonction de ses objectifs spécifiques (les risques dépendent du niveau de rendement attendu). En effet, si un capital (dont le montant minimal est généralement fixé dans le contrat) est garanti en cas de décès quelle que soit l’évolution du ou des fonds sélectionnés, il ne l’est par contre pas en cas de survie de l’assuré à l’échéance du contrat (sauf exception, notamment avec le Swissca Portfolio Life Garant des banques cantonales ou le Saphir Vitafolio de l’assurance Helvetia Patria). Cela signifie que le rendement de l’argent placé dépend entièrement de l’évolution du ou des fonds choisis: si la Bourse s’effondre au moment où le contrat arrive à échéance, le risque de perdre de l’argent est patent.
Toutefois, la durée d’une assurance vie est généralement de plus de dix ans, ce qui limite le risque. La performance annualisée du MSCI World Index (indice international de référence au niveau des actions), qui s’élève à 3.75% sur dix ans et à 6% sur vingt ans (valeurs en francs suisses au 31 décembre 2003), démontre en effet une évolution positive sur le long terme. Et on peut toujours essayer d’obtenir une prolongation du contrat, voire réinvestir immédiatement son capital dans un fonds de placement classique si on prévoit une hausse des valeurs boursières.
Fiscalité: intéressante sous certaines conditions
L’épargne destinée à la prévoyance bénéficie d’avantages fiscaux, pour autant que certaines conditions soient remplies. Les rendements d’une assurance vie liée à des fonds de placement sont en effet exonérés de l’impôt sur le revenu dans la mesure où:
- La durée du contrat est au minimum de dix ans.
- Le preneur d’assurance, la personne assurée et le bénéficiaire en cas de vie à l’échéance du contrat sont une seule et même personne.
- Pour les assurances à prime unique (un seul versement au début), la conclusion du contrat se fait avant l’âge de 66 ans, et l’échéance prévue après 60 ans.
Cette exonération est particulièrement intéressante pour les assurances vie liées à des fonds obligataires. En effet, si les investisseurs ne sont de toute façon pas taxés sur les gains en capital, notamment avec les fonds en actions, ils le sont par contre sur les dividendes de leurs obligations. Ce qui n’est pas le cas avec une assurance vie destinée à la prévoyance!
L’investisseur ne peut cependant se soustraire au fisc dans tous les domaines: la valeur de rachat d’une police est imposée sur la fortune, et le timbre fédéral de 2.5% est prélevé sur les primes uniques.
Assurances vie: pas facile d’en sortir
Chacun peut façonner son assurance vie selon ses besoins et, surtout, ses possibilités financières (somme souscrite, paiement et fréquence des primes, durée du contrat, etc.). Mais attention: il n’est pas facile de se libérer d’un tel contrat avant la date d’expiration sans perdre de l’argent. Certains frais (lire rubrique ci-dessus) sont en effet prélevés au démarrage de l’assurance vie et sont donc amortis sur un moins grand nombre d’années si la durée est réduite.
Par ailleurs, la valeur de rachat (somme à disposition de l’assuré s’il veut récupérer ses fonds en cassant son contrat) est minime au début du contrat, mais augmente avec le temps et ne devient donc vraiment intéressante que proche de l’échéance.
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Attention aux frais cachés!
Certaines banques ou assurances mentionnent précisément les différents tarifs facturés:
- Les frais d’établissement de la police, qui correspondent soit à une somme fixée (par exemple 400 fr. pour UBS), soit à un pourcentage de la prime (jusqu’à 2% selon les institutions analysées);
- Les frais annuels d’administration (environ 0.3% de la valeur de la police quand ils sont précisés);
- Les frais d’émission, avec des variations allant de 0.5% à 2% selon les établissements (ces frais peuvent être évités si on transfère sur son assurance vie des parts de fonds déjà acquises).
Mais attention: il est très difficile de comparer les assureurs dans ce domaine, certains frais n’apparaissant pas de manière spécifique (ils sont néanmoins intégrés directement dans le calcul du capital garanti en cas de décès). Il faut donc demander plusieurs offres et se baser sur le capital garanti en cas de décès et le montant estimé en cas de vie pour comparer les différents assureurs (voir tableau ci-dessous).

