
Chauffages d’appoint: le «plus» électrique
Très efficace pour gagner quelques degrés, un radiateur électrique adéquat, utilisé judicieusement, permet de limiter les frais.
Pour chauffer un local bien isolé, il faut prévoir 30 watts de puissance par mètre cube. Une pièce de 48 m3 nécessite donc un appareil de 1440 watts, au minimum.
La consommation électrique du chauffage n’atteint pourtant ces 1440 watts de l’heure que lorsque la température intérieure est maintenue à 20° et que, à l’extérieur, il fait –6°C. La facture d’électricité s’élève alors approximativement à 0,36 fr./h (0,25 fr./kilowatt). Mais, quand il fait 5°C dehors, 830 watts suffisent pour chauffer la pièce, et la facture ne s’élève plus qu’à 0,21 fr./h.
Malheureusement, ce type d’appareil est le plus souvent utilisé dans des locaux mal isolés: galetas, atelier, véranda ou autres annexes non reliées au chauffage central. Et, dans ce cas, il faut prévoir deux à trois fois plus de puissance (environ 110 watts/m3), et la facture d’électricité croît proportionnellement. Ainsi, chauffer un atelier de 48 m3 pendant une heure, lorsqu’il fait –6°C, peut coûter quelque 1,36 fr./h. A la fin de l’hiver, l’addition risque d’être salée!
Les chauffages d’appoint ne constituent donc qu’une solution de secours, réservée à des utilisations très ponctuelles. Pour en tirer néanmoins le meilleur parti, il convient de choisir un modèle adéquat et de l’utiliser intelligemment (voir tableau et lire encadré). Il existe trois principaux types de chauffages d’appoint électriques.
Chauffage à rayonnement
Dans les appareils à rayonnement, une résistance chauffe une matière solide (un métal par exemple) qui diffuse ensuite sa chaleur aux corps, objets et parois environnants, et ceux-ci réchauffent à leur tour l’air ambiant. La sensation est comparable à celle des rayons du soleil.
Les appareils à infrarouge fonctionnent de la sorte, mais leur rayonnement est parfois très fort: «Il faut rester à distance, sinon on grille comme une raclette», avertit Jean Sagnol, de la société S.C.D.I. à Siviriez.
Dans la même catégorie, le rayonnement thermique émis par un système à panneaux est beaucoup plus doux et convient mieux aux grandes pièces. Il est d’ailleurs très recommandé par les professionnels, en raison de son prix abordable et de son rendement, environ 5% plus élevé qu’un convecteur de même puissance.
Les radiateurs à inertie sont encore plus performants et économiques, car ils lissent l’émission thermique. Equipés d’un thermostat électronique modulant, ils dosent leur puissance de chauffe en fonction des variations de la température ambiante, contrairement aux appareils à thermostat classique qui leur ordonne uniquement de s’allumer ou de s’éteindre. De plus, les plaques de verre, qui souvent composent les chauffages à inertie, restituent à merveille la chaleur. Malheureusement, ils sont chers et rarement mobiles.
Chauffage à convection
Tous les convecteurs chauffent l’air ambiant avant de l’évacuer dans la pièce, parfois à l’aide d’une soufflerie.
La sensation de bien-être est immédiate. Mais, comme l’air chaud est plus léger que l’air froid, ces convecteurs ont une fâcheuse tendance à réchauffer surtout le plafond. Ils ne conviennent donc pas pour les pièces hautes.
En revanche, ils sont idéaux dans une chambre à coucher lorsqu’on désire chasser le froid juste quelques minutes avant de se coucher. Comme ils assèchent aussi l’air, ils sont appréciés dans les endroits humides.
Système mixte
Dans la famille des radiateurs à système de chauffe mixte se trouvent les bains d’huile, car ils chauffent à la fois par rayonnement et convection, à l’aide d’un liquide qui véhicule la chaleur. Dans les chauffages de salle de bain, l’huile est remplacée par de l’eau, et les linges peuvent alors tiédir dessus. Leur principal avantage est qu’ils restent chauds un moment lorsqu’on les éteint.
Viennent, enfin, les accumulateurs qui emmagasinent la chaleur dans un bloc constitué de briques réfractaires à haute densité, pendant les heures où l’électricité coûte moins cher. Pour autant qu’un tarif économique de nuit existe. Cela permet de dépenser moins d’argent, mais, en contrepartie, l’engin doit être suffisamment volumineux pour stocker la chaleur nécessaire durant la journée.
Toutes ces informations aide à économiser l’énergie, mais ne font pas de miracles. D’après l’expérience de Christophe Thonney, d’Electro-Sol à L’Isle: «Opter pour un système de chauffage électrique adéquat épargne tout au plus 3% à 7% d’électricité.» Tous les spécialistes consultés conseillent d’abord de soigner l’isolation de la maison, car elle est la plus importante source d’économies.
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- Améliorer l’isolation de la pièce pour éviter les déperditions de chaleur.
- Placer les radiateurs près des sources du froid pour lui faire une barrière, sous les fenêtres par exemple.
- Ne rien poser devant les radiateurs qui puisse freiner l’émission de la chaleur, comme des rideaux ou des meubles.
- Dépoussiérer régulièrement la grille de ventilation des convecteurs.
- Programmer les heures de chauffage, à l’aide d’un régulateur ou d’une minuterie, en fonction de vos horaires et de l’utilisation des différentes pièces.
- Choisir des appareils avec un bon hermostat électronique programmable, plus précis que les modèles mécaniques.
- Ne pas surchauffer: un degré de plus augmente la consommation de 7%.
- Lors d’une absence de plus de trois heures, ne pas laisser la température chuter de plus de 4°C. On utilise beaucoup plus d’énergie en réchauffant une pièce devenue glacée qu’en la maintenant à une température modérée.
- Ne pas laisser de fenêtres ouvertes, mais aérer brièvement en créant un courant d’air plusieurs fois par jour, après avoir momentanément éteint les radiateurs.

