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Les irrésistibles risques du marché chinois

La croissance incroyable de la Chine grise les investisseurs. Mais qu’ils prennent garde: ce nouveau marché très prometteur est encore fragile.

Mais qu’ont-ils, tous, à parler «chinois»? La Chine, il est vrai, explore l’espace, mais devrait surtout accroître son produit intérieur brut (PIB) de près de 9%, cette année. En comparaison, le PIB de la Suisse reculerait que de 0.3%!

Une énorme mutation politique et économique est à l’origine de cette extraordinaire croissance. Ce bastion du communisme privatise la plupart de ses entreprises étatiques et, simultanément, ouvre son marché aux capitaux étrangers. Bref, de quoi exciter plus d’un adepte de l’économie libérale.

«Les Chinois représentent aussi 1,3 milliards de consommateurs potentiels, dont le pouvoir d’achat est en train d’augmenter», relève Cui Dejian de la SOFI (Swiss Organisation for Facilitating Investments). Du coup, le pays attire plus d’investissements étrangers (quelque 53 milliards de dollars aujourd’hui) que partout ailleurs. Les particuliers ont-ils alors intérêt à en faire autant?

Epineuse libéralisation
Les rendements des actions et des fonds de placement chinois sont très alléchants (voir tableau) et les parts pas trop cher. Mais le spécialiste des marchés émergents d’UBS, Oussama Himani, avertit: «Il faut être conscient que cela comprend des risques importants.»

Le passage à une économie libérale ne se fait, en effet, pas sans heurts: la monnaie chinoise est sous-évaluée, le développement du pays n’est pas équilibré, la santé des banques est grevée par de mauvaises créances, la comptabilité des entreprises privatisées est souvent obscure et l’essor des industries locales engendre beaucoup de pollution.

La disparition progressive des firmes étatiques pose aussi un sérieux problème social, car elles subviennent aux rentes de leurs anciens employés. Et l’ex-politique de restriction des natalités va encore corser l’affaire dès 2010. Le gouvernement doit donc mettre en place un nouveau système de retraites.

«Néanmoins, la Chine devrait poursuivre sa croissance dans les deux ou trois années à venir, mais plus modérément», estime Damian Sigrist, expert du marché chinois pour Credit Suisse Financial Services. Oussama Himani est du même avis et estime même que le Gouvernement chinois gère plutôt bien les réformes en cours, car il met l’accent sur la stabilité.

Un pari sur l’avenir
L’achat d’actions demeure pourtant risqué pour les petits investisseurs qui ne maîtrisent pas cet univers économique et politique très compliqué. Les fonds de placement sont plus recommandables, surtout s’il s’agit de grands fonds très diversifiés, avec une bonne part de liquidité, et dont les investissements ne se limitent pas à la Chine, mais s’étendent à la région. Reste que cela constitue un sacré pari sur l’avenir de ce pays et qu’il faut donc être un peu joueur dans l’âme.

Pour télécharger le tableau comparatif des produits, se référer à l'encadré. 

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