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Leasing, cash ou crédit: la jungle des offres

Dans le budget d’une voiture, le mode de financement compte désormais autant que le choix du modèle.

En 2002, une voiture neuve sur deux a été achetée en leasing, une proportion qui augmente constamment en Suisse. Pourtant, «le leasing, ça bouffe des ronds», constate Rémy Narbel, chef de vente chez AMAG Lausanne. La moitié des automobilistes seraient-ils donc masochistes?

Pour le savoir, Tout Compte Fait a comparé les différentes manières de financer l’achat de son véhicule en demandant des offres aux trois plus grandes sociétés de leasing ainsi qu’à trois institutions proposant des crédits privés, pour la voiture la plus vendue en Suisse: la VW Golf. Trois variantes ont été retenues, en partant du principe que le client est solvable:

  • le leasing pur, c’est-à-dire la location du véhicule pendant quatre ans avec une limitation de 15000 km par an. L’automobiliste a le choix de rendre la voiture en fin de contrat ou de l’acheter au prix de sa valeur résiduelle.
  • le leasing avec amortissement, c’est-à-dire la location-vente. Les mensualités sont alors plus élevées, car l’automobiliste rembourse l’intégralité du prix du véhicule qui lui appartiendra après quatre ans.
  • l’achat à crédit, sur quatre ans également.

Une large fourchette de prix
Ces trois variantes doivent être comparées avec la solution de base, le paiement cash. Solution qui reste de loin la plus avantageuse, même si, comme dans notre exemple, on tient compte du coût d’opportunité (intérêts composés qu’aurait rapporté l’argent payé comptant s’il était resté placé en obligations de caisse à 1.5%).

Comme le montre notre tableau, le coût d’un leasing ou d’un crédit varie de 1934 fr. à 5769 fr. pour notre VW Golf. Et attention: le taux de 3.9% fait partie d’une offre spéciale, avec maintien du rabais sur le prix catalogue, ce que toutes les marques n’accordent pas lorsqu’elles pratiquent un taux préférentiel (lire rubrique ci-contre).

Le calcul de la mensualité se fonde sur le taux appliqué, l’acompte (que le Credit Suisse considère d’ailleurs comme un premier loyer) et la valeur résiduelle (estimation de la valeur du véhicule en fin de contrat). A noter que, si tous les taux de leasing s’affichent en chiffres ronds dans la publicité, ils augmentent de quelques centièmes dans les calculs. Ainsi, le taux nominal de 3.9% de notre exemple correspond à un taux effectif de 3.97%. La loi prévoit que les deux taux doivent être indiqués, ce qui est loin d’être toujours le cas.

Avantages et contraintes
Chaque variante a ses avantages et ses contraintes. La décision dépend donc aussi de facteurs personnels: veut-on changer de modèle après quatre ans, sans se préoccuper de sa revente ou «tirer» le monospace jusqu’à ce que les enfants aient grandi?

Si on opte pour un leasing pur, on paiera certes de petites mensualités, mais d’autres frais peuvent surgir, dont le tableau ne tient pas compte. Le prix du kilomètre supplémentaire de la VW Golf va par exemple de 13 ct chez Multilease à 20 ct chez GE Capital Bank (plus la TVA). L’automobiliste s’engage en outre à rendre le véhicule en bon état, donc à payer les réparations nécessaires, même pour la plus petite égratignure. Il peut certes racheter la voiture à sa valeur résiduelle, mais il paiera alors davantage au total que s’il avait directement opté pour le leasing avec amortissement.

La location-vente, par contre, exige de meilleures disponibilités financières: les mensualités sont plus élevées, mais l’automobiliste est libre de rouler autant que bon lui semble. Pas de contraintes non plus quant à l’état du véhicule. La fourchette de prix est très large ici aussi.

Dans les deux types de contrats, le preneur de leasing devra continuer à payer ses mensualités en cas de maladie ou de changement de situation financière. Une dénonciation du contrat avant terme entraîne des pénalités importantes. Et un décès obligerait enfin les héritiers à se prévaloir d’une clause de résiliation également coûteuse, à moins de reprendre le contrat à leur compte.

Achat à crédit: le plus cher
La dernière solution consiste à emprunter à la banque l’argent nécessaire sous la forme d’un crédit privé. Contrairement au taux de leasing, qui est fixé en fonction du prix du véhicule, celui du crédit dépend de la solvabilité du client après analyse approfondie de sa situation personnelle (lire l’article sur le «rating» en pages 14 et 15).

Cette solution est de loin la plus onéreuse, mais elle permet d’être immédiatement propriétaire du véhicule et de pouvoir déduire de ses impôts le montant correspondant aux intérêts. Contrairement au leasing, la banque prévoit en outre une assurance de solde de la dette en cas de décès, qui s’étend aussi aux cas de maladie pour la Banque Migros.

Comparer les offres
La plupart des sociétés de leasing ont des calculateurs de mensualités sur leur site, de même que le magazine Bon à Savoir (www.bonasavoir.ch). Sur un marché où la concurrence est féroce, il ne faut pas hésiter à demander plusieurs offres: les différences sont assez élevées pour prendre le temps de choisir la meilleure.

Pour télécharger le tableau comparatif des produits, se référer à l'encadré.

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