Restez un consommateur averti et profitez de nos avantages abonnés
Pourquoi pas
Non merci
Panier
x
Le panier est vide

Des fonds oui mais des hedge funds!

Vous voulez frissonner en investissant? Alors, vous prendrez bien un peu de hedge funds…

Les hedge funds… Ce terme court aujourd’hui dans les colonnes des gazettes financières et en fait frissonner plus d’un. En ville, on se bouscule dans les séminaires qui affichent ce plat à leur menu. Les hedge funds? Serait-ce les ingrédients à mettre dans le chaudron du sorcier financier pour atteindre, en deux temps et trois investissements, le nirvana de la performance?

Ces outils d’investissement, qu’on affuble aussi de l’adjectif «alternatifs», ont ceci de particulier que leurs gérants ne cherchent jamais à mesurer leurs résultats par rapport à une référence quelconque. Leur objectif essentiel, c’est de réaliser une performance «absolue», contrairement à leurs confrères, adeptes de méthodes plus classiques et qui cherchent à atteindre des performances relatives, c’est-à-dire comparables, par exemple, à celles d’un indice.

En d’autres termes, les gérants des hedge funds ne suivent que… leurs propres règles. Dans les limites de la morale financière bien sûr, mais en dehors de toute réglementation, ils n’hésitent pas à utiliser toutes les ficelles techniques de la finance pour atteindre leur objectif. Ainsi, un gérant de hedge funds pourra acheter un titre et en vendre un autre en même temps pour tirer parti des différences de cours. Et, afin de décupler les effets escomptés de son pari stratégique, il utilisera l’effet de levier. C’est-à-dire qu’il s’endettera pour renforcer ses positions en misant sur le profit le plus élevé possible, afin de rembourser à la fois ses dettes et réaliser, du moins l’espère-t-il, une performance absolue!

On le voit: dans un hedge fund, on a les idées très larges. Si larges qu’on est, en règle générale, aux antipodes d’une quelconque stratégie de pure «couverture», comme le laisserait entendre le terme anglais «hedge» (ce dernier n’est en fait qu’une référence historique à ce que voulaient faire les premiers fonds du genre au lendemain de la Seconde Guerre mondiale aux Etats-Unis). Mais, si les gérants aiment prendre des risques calculés et rémunérateurs, ils le font toujours en connaissance de cause: tous investissent une partie importante de leur fortune personnelle dans leurs idées stratégiques…

Distribution privée
Sortant des sentiers battus de la finance, les hedge funds sont aussi des produits dont la distribution est strictement privée. Autrement dit: n’investit pas qui veut, mais d’abord celui qui est conscient des risques courus (la recherche d’une performance absolue peut aussi déboucher sur une faillite absolue!). Et, surtout, celui qui a les moyens de ses ambitions en termes de rendement, car il faut souvent au moins un bon million de dollars pour entrer dans un jeu limité dans le temps, et dont on ne peut sortir qu’à intervalles prédéfinis par les gérants.

Un «accès réservé» qui a alimenté la légende des hedge funds. Mais les résultats sont là: hormis quelques échecs retentissants, comme celui du fonds LTCM à la fin des années 1990 (dans lequel UBS a perdu quelques centaines de millions de francs), ce type de gestion a réalisé des performances très positives. Si positives qu’environ 6000 hedge funds ont réussi à attirer plus de 600 milliards de dollars d’actifs. Du coup, ils sont devenus plus accessibles à des investisseurs relativement modestes. Comment? Par le biais des fonds de fonds (en anglais, «funds of hedge funds») que les autorités de surveillance sont toujours plus nombreuses à autoriser, moyennant le respect de quelques règles.

En Suisse, la Commission fédérale des banques (CFB) a retenu les règles valables pour n’importe quel fonds de placement, mais en les durcissant encore. Les investisseurs doivent, notamment, être informés précisément sur les risques qu’ils encourent en achetant des parts d’un véhicule qui investit lui-même dans des hedge funds. Ces fonds de hedge funds sont donc enregistrés dans la classe des «fonds de placement présentant un risque particulier», et chaque investisseur doit signer un formulaire prouvant qu’il en accepte le caractère spécifique.

Sélection «avantageuse»
Les fonds de hedge funds doivent aussi mettre un accent particulier sur la diversification de leurs investissements. Ils doivent permettre aux investisseurs de pouvoir sortir très régulièrement, c’est-à-dire que la négociabilité de leurs parts doit être facile. Enfin, l’information sur les risques donnée aux porteurs doit être simple, mais complète. Par ailleurs, même s’ils se sont quelque peu démocratisés, les accès aux fonds de hedge funds sont limités. Le montant minimum à investir reste, dans l’immense majorité des cas, supérieur à 100000 fr. Et rares sont les fonds de hedge funds qui, comme ceux qui sont présentés dans le tableau ci-contre, font partie des fonds de fonds pour lesquels le ticket d’entrée revient «seulement» à 5000 ou à 10000 dollars au minimum…

Pour télécharger le tableau comparatif des produits, se référer à l'encadré.

Voir les résultats
Lire l'article