
Ces appuie-tête qui ne protègent pas
20% des véhicules testés seulement permettent d’éviter efficacemment le coup du lapin.
Dix mille personnes souffrent chaque année, en Suisse, de lésions de la nuque à la suite d’un accident de la route. Pourtant, des appuie-tête bien pensés et bien réglés permettent d’éviter ces blessures. Et la moitié des automobilistes roulent avec des modèles mal ajustés, car précisément peu ajustables. Bien réglé, leur bord supérieur devrait se situer à la même hauteur que le sommet de la tête, et la distance entre le crâne et le coussin ne devrait pas dépasser la largeur d’un poing. En effet, lorsqu’un véhicule est percuté par-derrière, la tête est propulsée vers l’arrière en une fraction de seconde. Si ce mouvement n’est pas amorti, on risque alors un déchirement des muscles, des ligaments et des nerfs dans le cou et la nuque, mais également la rupture des vertèbres cervicales, appelée «coup du lapin».
Dès lors, les bons appuie-tête sont aujourd’hui munis d’un dispositif de protection contre ces lésions. Lors d’un choc, ils se rabattent vers l’avant pour se trouver à quelques centimètres de la tête. Mais, actuellement, seul un tiers des nouveaux véhicules en sont équipés, et seulement à l’avant.
Résultats peu concluants
Tout Compte Fait, l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich et le Bureau suisse de prévention des accidents (BPA) ont demandé au Dynamic Test Center (DTC), à Vauffelin dans le canton de Berne, de tester les appuie-tête des quinze automobiles les plus vendues en 2002. Conclusion générale: avec ou sans système de sécurité, les appuie-tête des sièges avant protègent rarement les personnes de grande ou de petite taille. Quant aux passagers arrière, ils risquent souvent des lésions à la tête et au cou.
Les plus petites voitures obtiennent les moins bons résultats: l’Opel Corsa et la Fiat Punto ont reçu l’appréciation «insatisfaisant». Car même si les appuie-tête avant sont ajustables pour toutes les tailles, il n’y en a pas à l’arrière, à moins de payer un supplément. Parce que, explique Nicolas Berberat, porte-parole d’Opel, «il existe une part de clients pour qui le prix est un critère de choix essentiel et qui sont, dès lors, prêts à renoncer à certains équipements». Mais pour Roland Allenbach, du BPA, «proposer un bon équipement en option seulement est scandaleux, particulièrement vis-à-vis des jeunes acheteurs qui, à cause de leur budget, n’ont pas d’autres choix que l’achat d’une petite voiture. Et contre un supplément, ils préfèrent souvent mettre des haut-parleurs plus performants que des appuie-tête arrière.»
De nombreux fabricants se justifient en affirmant encore que les places arrière sont rarement occupées! Un argument qui ne convainc pas Roland Allenbach: «Toutes les voitures doivent être équipées dans un même souci de sécurité, y compris les modèles de base.»
Seule petite voiture à obtenir la mention «bon»: la Smart. Ses appuie-tête sont solidement raccordés aux sièges, ne peuvent (ni n’ont besoin) être réglés et conviennent aux petits comme aux grands passagers.
Grosses voitures mieux équipées
Plus les voitures sont grandes et chères, plus la sécurité est accrue. Dans la Peugeot 307, les appuie-tête avant et arrière sont presque de même qualité, et le troisième appuie-tête à l’arrière est monté en série. Le dispositif contre les lésions cervicales fait également partie du modèle de base, à l’avant. Jugée «suffisante», la BMW 330 a en revanche des appuie-tête trop bas: les personnes de grande taille sont donc exposées au risque du coup du lapin. BMW justifie ce mauvais réglage par le fait qu’il permet au conducteur une meilleure visibilité par la vitre arrière.
Parmi les véhicules encore plus grands, la Ford Mondeo reçoit la mention «bon», privilège qu’aucun monospace familial n’a obtenu; en revanche, ils sont tous «satisfaisants». Dans ces deux catégories de véhicules, à l’exception de la VW Passat, tous les sièges arrière sont équipés de trois appuie-tête. La qualité est semblable à l’avant comme à l’arrière. Les voitures familiales, plus chères, sont donc aussi plus sûres pour les passagers arrière. La Mondeo et le monospace Renault Scenic sont aussi équipés du dispositif de sécurité en série à l’avant. Ce dernier est également disponible, contre un supplément, dans la VW Passat et l’Opel Zafira.
Enfin, il existe un coussin, le Curaplus, développé par la maison Contitech, qui réduit considérablement les risques de lésion. Il peut être installé sur tous les appuie-tête qui sont trop bas ou en arrière. Le DTC l’a testé sur la Fiat Punto, qui a passé d’«insatisfaisant» à «satisfaisant». Dans ce cas-là, les personnes dépassant 1,80 m restent moins bien protégées, le Curaplus ne pouvant compenser entièrement les trop mauvaises positions originales des appuie-tête. Ce produit est disponible dans tous les garages Adam Touring, au prix de lancement de 59 fr.
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