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12 Chianti Classico jugés au palais

Sorti de sa fiasque, le Chianti s’est donné des lettres de noblesse toscane. Mais que cachent les bouteilles vendues dans les grandes surfaces entre 12 et 22 francs ? Les surprises d’une dégustation menée par des palais de maître.

Il y a de quoi se perdre parmi les collines toscanes... Le chianti – tout court ou des collines environnantes : Colli Senesi, Colli Aretini, Colli Fiorentini – couvre une vaste étendue et donne une mare de 700 000 hectolitres de vin par an. Mais entre Florence et Sienne, seul le cœur de la région a droit à l’appellation Chianti Classico (260 000 hl).
Or, dans notre pays, le Chianti Classico jouit d’une bonne réputation: la Suisse, avec 8% des exportations, occupe le quatrième rang, loin derrière l’Allemagne et les Etats-Unis (plus de 60% à eux deux) et l’Angleterre (11%).

Vin d’un prestige certain, le cru toscan est à la croisée des chemins. D’ici 2005, les producteurs ne pourront plus y ajouter un pourcentage assez élevé de raisins blancs (jadis jusqu’à 30% de trebbiano et malvasia del Chianti), à la «recette» élaborés par le Baron Ricasoli au XIXe siècle, avec du canaiolo et, surtout, du sangiovese. Désormais, les Chianti Classico pourront même être issus exclusivement de sangiovese, mais devront en contenir au moins 80%, complété par l’un ou l’autre (ou plusieurs...) cépages, comme le canaiolo, la syrah ou le merlot. Le vieillissement des Riserva est, quant à lui, ramené à deux ans, dont 21 mois dans des fûts, souvent anciens.

Meilleur à table
Délicat à vinifier, supportant une garde en cave moyenne (autour de cinq ans), le vin tiré du principal raisin toscan traduit le climat. Notre dégustation l’a montré : 1999 surpasse 2000. La règle du millésime impair supérieur au pair est valable pour toute la dernière décennie, à l’exception de 1990. Et ça continue avec un 2001 de bonne cuvée et un 2002 faible.

Grâce aux procédés de vinification modernes, le chianti a déjà changé. Jean Solis, ancien champion suisse de dégustation et membre du jury de Tout Compte Fait, déplore toutefois qu’on n’ait pas perçu, dans cette dégustation, la pureté du sangiovese.

«Le chianti est un vin pour la table, pas pour des dégustations! », réplique le sommelier Claudio De Giorgi. L’acidité, l’alcool et les tanins, parfois secs, sont trois éléments qui caractérisent le sangiovese. Les deux premiers se mariant fort bien avec des plats un peu gras, le chianti s’en sort donc mieux à table que dans une confrontation.

Pour télécharger le tableau comparatif des vins, se référer à l'encadré.