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Pas de mal à se faire du bain

Les indications thérapeutiques des bains thermaux sont plutôt l’apanage des cures. Mais le « bain-plaisir » est aussi source de bienfaits – à condition de respecter quelques règles élémentaires. Tour d’horizon des six établissements suisses romands.

A en croire les prospectus des établissements de bains thermaux, quelques barbotages minéralisés suffisent à rendre la jeunesse aux plus cacochymes, et la santé aux plus tousseux. Cette flatteuse réputation est encore accréditée par la médecine officielle, qui définit douze «orientations thérapeutiques» aux cures thermales: entre autres, les problèmes de voies respiratoires, de digestion, de reins, les affections dermatologiques, psychosomatiques, neurologiques et gynécologiques, sans oublier les troubles veineux et cardiaques… Bref, l’eau claire et chaude a toutes les vertus.

Mais cette efficacité thérapeutique est généralement associée à des cures de plusieurs semaines, où il ne s’agit pas simplement de se plonger dans une piscine bien chaude. On peut se demander si les visites occasionnelles, telles que les pratiquent la plupart des gens, déploient les mêmes effets. En termes médicaux, y a-t-il une indication thérapeutique à l’après-midi aux bains que vous vous apprêtez à passer en ce dimanche pluvieux?

«L’indication existe, répond le Dr Antonio Lamberti, spécialiste FMH en rhumatologie et médecin responsable des Bains de Saillon. La baignade en eau chaude réchauffe les muscles et apporte un surcroît d’oxygène au niveau musculaire et articulaire; la chaleur assouplit les articulations, et la mobilisation leur est également bénéfique.» En d’autres termes, on se détend efficacement... ce qui n’est pas à dédaigner au rythme de la vie contemporaine. Mais point trop n’en faut: au bout d’une demi-heure, l’effet bénéfique est atteint, et devient simple fatigue au-delà de ce laps de temps.

Contre-indications
Qui dit indications dit contre-indications. «Les contre-indications absolues sont rares, tempère le Dr Lamberti. Ce sont les cas d’occlusion veineuse ou artérielle récente (3 mois au maximum), les embolies pulmonaires récentes, un infarctus du myocarde qui ne daterait que de quelques jours, ainsi que des insuffisances cardio-respiratoires graves et mal maîtrisées – par exemple une angine de poitrine instable et mal maîtrisée.» Le médecin rassure tout de suite les hypocondriaques: «Il ne peut en aucun cas s’agir de maladies cachées! Ce sont des affections graves et forcément déclarées.»

D’autres affections plus bénignes ne s’opposent pas à la baignade, mais imposent la modération: varices importantes, insuffisance veineuse ou artérielle chronique. «Dans ce cas, il faut limiter le temps de baignade à 15 ou 20 minutes, précise le Dr Lamberti. Et en cas de doute, dans tous les cas, mieux vaut prendre l’avis de son médecin.»

Autre question que l’on peut se poser: faut-il prendre des précautions particulières avec les enfants? La réponse est nuancée. Si les petits dès 1 an peuvent profiter de l’eau chaude autant qu’un adulte, il faut veiller à ne pas trop prolonger le barbotage: «Les petits, qui bougent beaucoup et sont très stimulés dans l’eau, produisent plus de chaleur corporelle que dans la baignoire. Au-delà d’une demi-heure, ils seront lessivés et nerveux», prévient le spécialiste. Qui déconseille en revanche le bain aux enfants de moins d’un an: leur système de régulation de la chaleur n’est pas encore au point, et la chaleur peut induire une hyperthermie susceptible de se traduire en convulsions dès 38° déjà.

Mais si l’on parle essentiellement de chaleur lorsqu’on évoque les bains, difficile de passer à côté du sujet qui fâche: les refroidissements. «Il est clair qu’il ne faut pas s’exposer aux courants d’air en sortant de l’eau chaude, admet le Dr Lamberti. Lorsqu’il fait froid et que les cheveux sont mouillés, la perte de chaleur est rapide. Mais tout est relatif: les Suédois se plongent dans la neige fraîche en sortant du sauna, sans attraper systématiquement un refroidissement pour autant.» Pour le praticien, ce sont surtout les muscles qui ont à redouter l’effet du courant d’air: risques de contractures...

Bref, pratiqués occasionnellement, les bains thermaux contribuent au «mieux-être» général, à condition de ne pas en attendre des miracles – à ce sujet, il faut savoir que la minéralisation de l’eau n’a aucune importance lorsqu’on s’y baigne sans la boire. Et s’ils n’ont rien d’une panacée, ils ne font en tout cas pas mentir l’adage «il n’y a pas de mal à se faire du bien».

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