
12 moulins à poivre: un seul modèle sort du lot
MOULINS À POIVRE Trop fragiles, peu efficaces ou avec des vices de fabrication, les 12 modèles testés par Bon à Savoir présentent tous des faiblesses. Un seul excelle, mais il faut mettre le prix. Autre solution: opter pour le poivrier très bon marché au milieu du classement.
Que de frustrations quand presque aucun grain ne tombe d’un poivrier plein à craquer! Cette source d’agacement n’est pas près de disparaître: un bon tiers des modèles examinés n’arrive pas à broyer une quantité de poivre satisfaisante. A commencer par le moulin de Migros Cucina & Tavola qui, même en se pliant en quatre, tourne presque à vide. En comparaison, le Ceramill Trend de WMF produit six fois plus de grains par rotation.
Les poivriers de Swissmar et Le Creuset dégringolent, eux aussi, dans le classement à cause de leurs piètres capacités de mouture. La quantité de grains broyés n’atteignait pas 0,3 gramme après dix rotations (lire «Les critères du test»). Le modèle de Peugeot fait à peine mieux. Les experts allemands assurent que, d’expérience, un bon moulin produit au moins 1,4 gramme de poivre, ce qu’aucun des 12 objets testés n’a fait. Le meilleur score se monte à 1,2 gramme pour le Ceramill Trend, puis à 1 gramme pour le Capstan Forest de Cole & Mason et le Kyoto du fabricant danois Crush Grind.
Mis à part ce dernier, aucun modèle n’a excellé non plus dans le degré de mouture des grains. Ils étaient même, pour la moitié des poivriers, clairement trop fins ou trop gros par rapport à la taille désirée – en général, on règle le degré de mouture en serrant ou en desserrant la vis au-dessus du moulin. Les grains de poivre qui ont été broyés n’étaient en outre pas tous du même calibre: on a retrouvé, selon les cas, plus ou moins de poudre au milieu de gros grains… et vice-versa.
Différences de prix injustifiées
Les prix des différents modèles varient énormément, de 9 à 62 francs environ. Beaucoup sont chers sans que cela se justifie. Pour Bon à Savoir, il peut valoir la peine d’investir 47.60 fr. dans le moulin à poivre de Crush Grind, le gagnant du test: seul produit à avoir obtenu l’appréciation «très bon», il a prouvé qu’il était de loin le plus efficace et qu’il résistait à tous les assauts.
Ceux qui ne veulent pas mettre autant d’argent dans un poivrier préféreront le produit de Ikea à 8.95 fr., au milieu du classement. Efficace, facilement manipulable, il ne pèche qu’au niveau de la solidité. Comme le modèle en grès de Bitz, il s’est brisé après deux chutes provoquées par les testeurs. Le moulin de Ikea, en moyenne trois à quatre fois moins cher que les autres, intéressera les personnes qui sont prêtes à le manier avec précaution ou à devoir rapidement le remplacer.
Défauts de fabrication
Au test de la résistance et de la durabilité, sept moulins à poivre ont reçu de très bonnes ou d’excellentes notes. Pas de dégâts après cinq chutes depuis une hauteur de 80 cm, pas de problèmes majeurs après 15 750 rotations pour simuler une utilisation sur sept ans. Outre les modèles peu résistants de Bitz et de Ikea, celui de WMF n’a pas survécu à une troisième chute et ceux de Le Creuset et de Peugeot présentaient des fissures à l’intérieur du contenant, malgré un fonctionnement normal à l’issue du test.
Les vices de fabrication ont donné le coup de grâce à certains moulins. Les experts ont critiqué l’utilisation de matières plastiques pour ceux de Peugeot, Swissmar, Ikea et Migros Cucina & Tavola. Les modèles de Peugeot et de Cole & Mason se sont coincés au moment de serrer la vis de broyage pour moudre finement. Le poivrier de la marque anglaise présentait par ailleurs des éclats de bois saillants à l’intérieur du contenant.
Sabine Rindlisbacher / gda
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