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Gros enjeux, petits progrès

Bilan de mi-session L’avancée des écologistes au Conseil national a donné un nouvel élan à la protection des consommateurs. Les partis de droite sont plus passifs dans ce domaine.

Quel soutien peut-on attendre du Parlement quand il s’agit de défendre la qualité de l’alimentation et le porte-monnaie? A mi-parcours de la législature, nous avons passé au crible les votations dans tous les domaines touchant les citoyens: alimentation, assurances sociales, santé, droit de la consommation et relation à l’Etat (lire encadré).

Socialistes en tête

L’avancée des écologistes et du Parti Vert Libéral aux élections de 2019 a permis une réelle percée en faveur des consommateurs. Une analyse des scrutins selon la couleur politique donne l’avantage aux socialistes, talonnés par les Vert-e-s (voir graphique). Le Centre (anciennement PDC et PBD) se classe avant le PLR, surtout au Conseil national. Quant à l’UDC, elle occupe la dernière place dans les deux Chambres.

Au Conseil national, les Partis évangéliste et vert’libéral talonnent la gauche en troisième et quatrième positions. Ces formations ne sont pas représentées au Conseil des Etats.

Les socialistes et les écologistes ont presque systématiquement pris la défense des consommateurs. Ils s’en sont écartés lors des débats sur les facilités offertes pour passer la douane avec 300 fr. de marchandises achetées à l’étranger. Les conseillers nationaux socialistes auraient préféré continuer à fermer les yeux sur les coffres pleins à la frontière, mais, au Conseil des Etats, le groupe a voté quatre fois pour et quatre fois contre la taxation de toutes emplettes au passage de la douane.

Les écologistes ont voté pour un durcissement des règles, contre les intérêts des consommateurs. Ces derniers ont, en revanche, trouvé grâce aux yeux des libéraux-radicaux. Le PLR a été le seul parti à refuser, en bloc, de mettre un holà au tourisme d’achat.

Unanimité à gauche

De manière générale, le camp rose-vert a fait front pour améliorer le quotidien de la population.

La droite s’est montrée plus divisée. Les conseillers nationaux du PLR ont approuvé cinq des six objets visant à limiter le recours aux pesticides et aux antibiotiques dans l’agriculture, alors que le Centre a voté trois fois pour et l’UDC, une seule fois. Autre exemple: le PLR et l’UDC ont approuvé l’idée de favoriser les importations parallèles de médicaments pour faire baisser les coûts de la santé, alors que le Centre s’y est opposé.

Au Conseil national, le Centre, le PLR et l’UDC ont affiché la même opinion à 17 reprises seulement sur les 50 votations étudiées.

Défendre la classe moyenne

Nous avons soumis ces résultats aux partis. L’UDC juge ce classement tendancieux: il se base sur une sélection de revendications émanant principalement du camp rose-vert, et ceux qui s’y opposent écopent d’une étiquette anti-consommateurs. «L’UDC est le seul parti qui s’engage à ne pas ponctionner davantage le porte-monnaie de la classe moyenne laborieuse.»

Gerhard Pfister, président du Centre, ne s’étonne pas de voir son parti occuper la zone médiane de notre classement: «Nous nous engageons pour le bien général de la Suisse, sans être tenus de défendre des intérêts particuliers.»

Pour la présidente du Parti évangélique Lilian Studer, la défense des consommateurs va de pair avec les valeurs défendues par sa formation. «Si on s’engage pour la justice, la durabilité, la dignité humaine et la famille, il est logique de se prononcer aussi régulièrement en faveur des consommateurs.» La durabilité, dans l’économie comme dans l’Etat, est au cœur de l’engagement des Vert’libéraux: «C’est la clé pour le bien-être de la population sur le long terme», résume leur président Jürg Grossen.

Balthasar Glättli, président des écologistes, estime qu’il est «plus important que jamais, à l’ère de la digitalisation, de défendre le droit à l’information ainsi que la protection des données et de la sphère privée». Le co-président du Parti socialiste Cédric Wermuth regrette, quant à lui, que «les intérêts des grands groupes dominent encore beaucoup trop souvent les débats au Parlement».

Cela explique que les prix des médicaments soient encore trop élevés ou qu’on n’ait toujours pas pris de mesures efficaces contre l’explosion du prix des loyers.

Gery Schwager / chr